samedi 12 mars 2011

Il est temps de renoncer au nucléaire civil et militaire

Le communiqué de Sortir du Nucléaire, ci-dessous, a le mérite de dénoncer cette ultime manœuvre du gouvernement pour imposer aux médias un discours convenu masquant une réalité bouleversante, mais il y a plus ! Tout est dit ou suggéré dans cette conférence de presse : l'écologie passe après l'industrie nucléaire ; on ne parlera pas de catastrophe tant qu'il sera possible de la nier ; la France ne renoncera jamais au nucléaire quels que soient les risques, quitte à nous refaire le coup de Tchernobyl (dans nos frontières, rien ne passe et rien ne peut se passer) ; le nucléaire est intouchable parce qu'il fournit le moyen suprême d'assurer... la sécurité du pays ; le nucléaire est lié à la puissance industrielle et militaire de la France et il est interdit de revenir la-dessus...

Le renoncement au nucléaire civil et militaire redevient une priorité. Que ce soit au Japon, pays martyr, en 1945, sous les bombes atomiques d'Hiroshima et Nagasaki, qui soit, de nouveau, frappé, suite à un tremblement de terre géant qui ruine les fondations et les fonctionnements hypersophistiqués des centrales nucléaires, voila qui no
n seulement donne à penser mais doit entrainer des choix politiques nouveaux.

Faut-il de tels drames pour que s'ouvrent nos yeux ? Le Gouvernement a vite compris que les événements qui se déroulent au Japon pouvaient engendrer une nouvelle prise de conscience et écarter l'opinion des choix nucléaires de la France.




La belle et le menteur...

La conférence de presse du samedi 12 mars fera date : la ministre de l'écologie, flanquée, pour ne pas dire surveillée, par le ministre de l'industrie, ânonnant un discours généraliste pour tenter de rassurer, puis, Éric Besson, avec cynisme et habileté, comme d'habitude, proférant des contre-vérités sans état d'âme.


Communiqué du 13 mars 2011 - M. Besson, une fusion partielle du cœur n’est-elle pas une "catastrophe nucléaire" ?

Lors d’une conférence de presse le samedi 12 mars après-midi, le ministre de l’Industrie, Éric Besson, a tenté de minimiser la gravité de la situation nucléaire au Japon, en indiquant qu’il ne s’agit pas à ses yeux d’une "catastrophe nucléaire" mais seulement d’un "accident grave".

En totale contradiction avec la tentative navrante de désinformation de la part des autorités françaises, l’agence de sûreté nucléaire japonaise a déclaré qu’il y a une fusion partielle du coeur du réacteur nucléaire n°1 de la centrale de Fukushima Daiichi.

C’est donc bien une catastrophe qui est en cours, déjà au moins aussi grave que celle de Three Mile Island. On ne peut écarter l’hypothèse que la situation aboutisse à une crise aussi dramatique que Tchernobyl.

Par ailleurs, Tepco n’arrive plus à refroidir le coeur du réacteur n°3 de la centrale de Fukushima Daiishi, aucun système de refroidissement n’étant plus opérationnel. L’exploitant s’apprête à relâcher de la vapeur radioactive dans l’environnement. La température et la pression augmentent dangereusement dans les cœurs des réacteurs 1, 2 et 4 de la centrale de Fukushima Daini.

Une aggravation de la catastrophe nucléaire est à craindre avec un nouveau risque d’explosion.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" alerte les Français : une fois de plus, les autorités françaises tentent de dissimuler, déformer et minimiser les faits, pour préserver l’image du nucléaire au détriment du droit à l’information des citoyens, comme cela avait été le cas lors de la catastrophe de Tchernobyl.

Pour le Réseau "Sortir du nucléaire", il est intolérable que les populations, au Japon comme en France, soient otages du risque nucléaire permanent. La seule position politique responsable est d’engager un plan de sortie du nucléaire.




dimanche 9 janvier 2011

Le désarmement nucléaire est l'affaire de tous.

http://www.legrandsoir.info/local/cache-vignettes/L270xH367/terre_Ben_Heine-e406c.jpg

1 – N'opposons pas les opposants au désarmement nucléaire.

Désarmement nucléaire unilatéral de la France contre désarmement nucléaire général par Convention internationale... Deux utopies face à face. Utiles utopies ! Complémentaires utopies !

L'utopie est une impossibilité provisoire, une prévision non encore réalisée, auxquelles l'opinion publique ne peut croire, dès lors que ces utopies lui sont décrites comme des illusions sans aucun fondement. Le désarmement nucléaire n'est déjà plus tout à fait une utopie depuis que l'on en a découvert la nécessité et l'urgence, depuis que le Président des États-Unis en a affirmé l'intérêt, depuis, surtout, que le lien avec la dissémination a été établi : la dissuasion ne jouerait plus s'il y a trop d 'États dotés.

L'opposition entre deux conceptions du désarmement antinucléaire voisine le ridicule. Au lieu de s'user à démontrer qui a raison, mieux vaudrait unir les maigres forces existantes pour examiner comment rendre crédible une affirmation unique bien qu'à deux faces : le désarmement nucléaire est une exigence qui s'exprime État par État, unilatéralement, dans chacun des pays concernés et dans tous les États unis, par l'ONU, car les États non dotés sont autant concernés que les neuf États disposant de l'arme atomique.

S'il faut commencer chez soi, commençons donc, nous, Français, par la France. Soit ! Si la France menace ses voisins par la présence sur son sol et dans les eaux internationales de missiles porteurs de charges nucléaires, intervenons nous, citoyens français, dans les instances européennes d'abord, dans les organisations mondiales, ensuite, pour dire notre solidarité avec ceux qui veulent qu'on renonce, partout, en France comme ailleurs, à l'arme nucléaire, menace pour l'humanité.

Cette double action, non dissociable, doit être conduite, dans la durée, à chaque occasion, devant l'opinion nationale et internationale. C'est pourquoi, dès à présent, doit être engagé le débat sur l'arme nucléaire française, à l'occasion de la prochaine élection présidentielle de 2012 et, sans interruption, au-delà.


2 – Entrons dans la campagne électorale de 2012

Deux contestations radicales doivent émaner des opposants à la politique militaire de la France. Elles ne se limitent absolument pas à la France mais sont particuliérement sensibles, en France : la dissuasion nucléaire n'assure pas la sécurité et remettre le pouvoir d'user de l'arme nucléaire à un homme seul, chef de l'État, est un leurre mais un leurre dangereux.

La dissuasion repose sur cette idée simpliste et pourtant forte parce que devenue crédible pour une majorité de nos compatriotes : la France ne peux être menacée parce qu'elle dispose de moyens de rétorsion si importants que, même défaite, elle causerait des torts insupportables à son adversaire. Cette doctrine, née au temps de la guerre froide, quand les États menaçants étaient désignés par leur nom, quand l'ennemi éventuel était lui-même doté d'un armement nucléaire, a cessé d'être cohérente ! L'Union soviétique n'existe plus. Aucun des huit États armés de missiles nucléaires ne menace la France. Le concept même d'ennemi potentiel n'est plus utilisé. On lui a substitué l'idée de terrorisme international, lequel est insensible à la dissuasion parce que non ciblable, non territorialisé. Au contraire, un attentat imprévisible, comme on l'a vu le 11 septembre 2001, ne peut être prévenu par l'arme atomique et, plus encore, risque d'avoir pour cause la volonté de s'en prendre aux États occidentaux en vue, au premier rang desquels les États nucléaires (Notamment les USA, la France, la Grande-Bretagne, Israël, voire, à présent, la Russie...).

Pour redonner sens et crédibilité à la dissuasion, on a commencé à faire valoir le droit à user de l'arme atomique non comme riposte mais comme protection des intérêt vitaux ! Le virage pris, durant le mandat de Jacques Chirac, est particuliérement dangereux. Il mêne la France vers l'auto-décision de frappe nucléaire quand une menace économique majeure (sur ses approvisionnements énergétiques, par exemple) risque de compromettre le niveau de vie des Français. La France serait-elle amenée à frapper n'importe quelle zone, en ce monde, où l'on entendrait la priver de ressources pétrolières, ou en uranium, jugées indispensables ? Ce glissement stratégique, en plus de son caractère odieux (dès lors que les populations touchées seraient sans rapport avec un tel conflit économique), fait courir à la France deux risques directs pour sa sécurité : il attire les actes terroristes et il met notre pays au ban des nations civilisées.

La centralisation de la décision politique, dans cette monarchie républicaine qu'est devenue la France (depuis que la cohabitation, impossible sous De Gaulle, est devenue, par deux fois, possible sous François Mitterrand puis Jacques Chirac), fait du Président de la République, bien plus que le chef suprème des Armées ! Celui qui détient les clefs du système de déclenchement du recours à l'arme nucléaire, n'est contrôlé par personne, ni par le Parlement, ni par l'État-major (lequel n'est qu'un conseil). S'il en était autrement, les Français ne le sauraient pas et l'autorité politique à préserver ne permet, de toute façon, pas qu'on en doute ! Il y a dans le pouvoir personnel du chef de l'État français, un lien nécessaire avec le symbole absolu de la puissance que représente l'arme nucléaire. La démocratie est, année après année, minée par ce droit de vie et de mort, accordé, en France, à un élu du suffrage universel ! Les aspirants à l'Élysée se gardent bien de contester ce droit, car ils perdraient, aussitôt, leur capacité à en devenir le titulaire. La mise en cause de cette dérive antidémocratique s'effectuera-t-elle en 2012 ? Les organisations non-violentes et authentiquement démocratiques en portent pourtant la responsabilité...


3 – N'agissons pas qu'en France et entre Français

Quiconque considère que la plupart des questions majeures qu'affronte l'humanité ne trouveront pas leur réponse au sein de frontières nationales, est conduit à agir en citoyen du monde. À cet égard, le citoyen français est, d'abord, un citoyen européen. Si l'Europe politique n'existe pas, c'est dû, notamment, à cette conviction française que le destin des habitants de notre pays dépend de notre propre puissance. Il en est de même, en Grande Bretagne, où les Britanniques élèvent, depuis des décennies, des obstacles à la construction européenne. Dans ces deux États dotés d'armes nucléaires, il est impossible de penser la défense autrement qu'à partir des arsenaux existant et donc, le lien entre les 27 États membres et un lien de dépendance et non de parité. L'Allemagne elle-même n'échappe à la domination du nucléaire que parce qu'elle se l'est vue interdire en 1945.

Lutter contre l'armement nucléaire, en Europe, c'est agir, d'une part, avec ceux des Anglais qui sont décidés à faire abandonner, par leur pays, ce qui les ruine et les déconsidère. C'est aussi lutter de façon solidaire avec nos concitoyens européens qui, dans plusieurs États, exigent le retrait des armements nucléaires des USA, tournés non plus contre l'URSS mais contre des pays d'orient. L'exemplarité négative de la France fait obligation aux acteurs des luttes antinucléaires d'être, en Europe, des porte-parole informés, attentifs, présents partout où on les appelle, pour aider nos concitoyens européens à développer leurs propres argumentations et leur engagement politique.

http://ariko51.files.wordpress.com/2009/11/champi-nucleaires.jpg?w=245&h=300

Hors d'Europe, il est, actuellemment, trois zones nucléairement sensibles dont nous ne saurions en tant que Français rester éloignés !

La première, où est relancée l'idéologie de la dissuasion, est celle qui met aux prises des combattants impliquant l'armée pakistanaise. D'un côté, l'émergence de l'Inde comme puissance économique majeure, bientôt la plus peuplée en ce monde, concentre, dans cette région, des motifs de conflits économiques et politiques sans équivalents. Les tensions entre le Pakistan et l'Inde, ne seraient bloquées que par la peur de l'emploi des missiles nucléaires dont disposent les deux États ! De l'autre, la guerre en Afghanistan, et les attentats au Pakistan, élèvent le niveau de dangerosité à des niveaux considérables qui peuvent faire perdre la maîtrise des armements les plus meurtriers. À cela s'ajoute, en plus de l'implication de l'armée pakistanaise qui dispose, en réalité du pouvoir politique, l'insupportable échec qu'auront connu les USA, tant en Irak, dont ils vont repartir sans gloire, qu'en Afghanistan où les moyens miltaires les plus sophistiqués et les plus puissants n'auront pas permis d'avoir raison de la rebellion talibane et autre... Autrement dit les risques de « dérapage » sont parvenus à un niveau que nous sous estimons à tort ! On ne peut faire comme si la question nucléaire était théorique ; elle est très actuelle et tout spécialement dans la proche Asie. Impossible d'en faire l'impasse.

La seconde, à peine moins délicate, se centre sur lsraël. Cet État acculé, qui dispose d'un armement conventionnel et nucléaire sans rapport avec les moyens militaires de ses voisins, est habité par deux hantises, insensées peut-être mais clairement exposées, qui guident ses choix politiques. La peur de voir Israël subir une érosion démographique menaçant son avenir et le plaçant sous la domination d'un environnement hostile fait dire à certains : « Plutôt tous mourir que de revoir la Shoah » ! Par ailleurs, la montée en puissance et en influence de l'Iran, pays antagoniste avéré, fait craindre une agression nucléaire dont certains dirigeants israéliens voudraient se prémunir par des frappes préventives si les USA ne révèlent incapables d'y recourir eux-mêmes ! Autrement dit, en Israël, des forces politiques existent qui iraient jusqu'à l'emploi de l'arme nucléaire plutôt que de reculer face à la pression arabe. Impossible de n'en pas tenir compte, dès aujourd'hui.

La troisième, bien que plus éloignée, concerne les derniers État dotés : la Corée du Sud et la Chine. Les tensions récentes entre les deux Corées, l'imprévisiblité de la dernière dictature se réclamant d'un communisme imaginaire, placent, en cette partie du monde, une bombe à retardement non seulement atomique mais permanente, entre les mains de dirigeants vivant dans un monde suranné et fanatisé. Il n'y a pas là de quoi se rassurer, bien que l'immense et surpuissante Chine dispose de moyens de survie dont la Corée ne peut se passer. La Chine, apparemment moins menaçante que les autres pays dotés, pour le moment, est un empire nationaliste occupé à installer sa domination économique ! Autrement dit, les complexes et évolutifs rapports de forces entre puissances ne cessent de faire de l'arme nucléaire un outil politique et militaire très actuel qui ne saurait être pensé comme un objet qu'Hiroshima et Nagasaki auraient rendu historiquement inutilisable !


4 - Le désarmement nucléaire unilatéral de la France est inséparable du contexte mondial.

Cette courte analyse vise non refuser mais à élargir le fondement du désarmement nucléaire unilatéral de la France. S'occuper de la dissuasion française oblige à voir large. Prendre conscience du contexte international lourd et très menaçant justifie qu'on mette en cause la conception française d'une défense d'un autre siècle. Ce n'est pas en augmentant les moyens nucléaires qu'on en réduit les dangers. La mondialisation n'a pas que des effets pervers : elle oblige à penser la TerAfficher l'image en taille réellere comme un tout solidaire.

Si la France a des responsabiltés particulières, c'est parce qu'elle s'entête à se vouloir une puissance nucléaire civile et militaire. Le lien entre les 58 centrales atomiques et l'ensemble des outils militaires qui compose la Force de frappe française est sans doute le plus étroit qui soit, sur la planète. L'engagement antinucléaire est total. Il n'est pas que moral. Il n'est pas que philosophique ou religieux. Il n'est pas que politique. Il est tout cela à la fois. Il est devenu premier.


samedi 8 janvier 2011

Le refus est dans la rue

Le poste de commandement des forces nucléaires est maintenant partagé entre Taverny et le Mont Verdun à Lyon. Mais le vrai Quartier général se situe au Ministère de la défense à Paris. La vigilance doit se manifester là désormais, en même temps qu'elle se maintient à Taverny comme par le passé.

Le premier vendredi de chaque mois la Maison de vigilance manifeste devant le Ministère de la Défense par un jeûne d'interpellation. Il consiste en une présence de 3 à 10 personnes pendant 2 heures le matin et 2 heures l'après midi, aux heures d'entrée et de sortie du personnel du Ministère devant le métro Solférino. Chaque mois un nouveau tract a été préparé pour le personnel. L'autorisation en est demandée en préfecture chaque mois (et accordée) et elle se double d'une tolérance de présence non déclarée à l'heure du repas en face de l'entrée du Ministère. De grandes banderoles sont déployées et quelques discussions avec les passants montrent, soit une détermination farouche de certains pour les armes nucléaires, soit un soutien à notre action mais très souvent limité à un intérêt superficiel.

D'autres associations sont partenaires de cette action placée sous la responsabilité de la Maison de Vigilance : Le Mouvement de la paix, le MIR, Stop Essais, les Réseaux Espérance , les sites web : nonaumissileM51.org et desobeir.net, et Mouvance Partenia.

Tract distribué :

La Maison de Vigilance
pose 3 questions
7 janvier 2011

1- En combien de temps les 2000 bombes nucléaires en état d'alerte peuvent-elles être lancées sur leurs cibles ? (A=30mn, B=24 heures, C=3 jours)

2- Une seule des 300 bombes nucléaires françaises peut-elle détruire :
A = tout le quartier latin,
B = la moitié de Paris,
C = tout Paris ?

3- Combien d'États sont jugés capables de construire des armes nucléaires (et à ce titre leur signature est requise pour le Traité d'arrêt des essais) :
A= 9
États,
B= 44
États,
C=192
États ?
(Réponses commentées auprès des distributeurs de ce tract)
(1:A, 2:C, 3:B)

Avec plus de 50 autres associations (1), la Maison de Vigilance (2) demande que la France soutienne le projet de Convention d'élimination des armes nucléaires voté à l'Assemblée générale de l'ONU par les 3/4 des
États membres.

(1) www.icanfrance.org
(2) www.maisondevigilance.com




jeudi 6 janvier 2011

2011 : Bonne année nucléaire pour AREVA et EDF ?

Non, bonne année antinucléaire pour tous les citoyens qui ne veulent ni du nucléaire civil, ni du nucléaire militaire.

Pour démanteler les centrales, il faut de l'argent, beaucoup d'argent ! Où le trouver ou, plutôt, où le prendre ? Dans les crédits destinés au développement des énergies renouvelables, évidemment ! Demandons des comptes (vrais) à ceux qui nous trompent, nous pompent et nous font payer ce que nous ne voulons pas financer !

Voir le communiqué d'AGIR pour l'environnement (ci dessous).
http://www.agirpourlenvironnement.org/



- [CommPresse APE - 06/01/2011] Démantèlement des centrales : Les énergies renouvelables au secours du nucléaire ?

Paris, le 05 janvier 2010 : Le 30 décembre 2010, le gouvernement a publié un décret relatif à la sécurisation du financement des charges nucléaires. A l’article 3 du décret n° 2010-1673 du 29 décembre 2010, l’Etat autorise l’exploitant de centrales nucléaires à provisionner des actifs en vue de démanteler les centrales nucléaires à l’arrêt.

Parmi ces actifs, EDF vient d’annoncer qu’il transférait la moitié du capital du Réseau de transport d'électricité (RTE) gérant les milliers de kilomètres de lignes à haute et très haute tension à un fonds dédié au démantèlement des centrales nucléaires.

Par delà la technicité d’un tel décret, le fait de profiter de la valorisation d’un Réseau de Transport de l’Electricité que tous les producteurs d’électricité financent au quotidien pour payer une partie du démantèlement des centrales nucléaires est proprement scandaleux !

Ce tour de passe-passe comptable ne peut faire oublier que l’opérateur historique, loin d’avoir provisionné les sommes nécessaires au démantèlement de ces vieilles centrales est aujourd’hui acculé à préempter le bien commun, à savoir les lignes à haute et très haute tension.

La Cour des Comptes estimait le montant nécessaire au démantèlement des 58 réacteurs nucléaires à 20 à 39 milliards d’euros. La Grande-Bretagne a, quant à elle, prévu de mobiliser 103 milliards d’euros pour démanteler ses 35 réacteurs…

Alors que la Cour des Comptes s’était légitimement inquiétée de la faiblesse des provisions mobilisées par EDF en vue du démantèlement de ses centrales, il est à craindre que l’opérateur historique soit dans l’obligation de céder à moyen terme RTE afin d’assurer le financement du démantèlement !

Pour Agir pour l’Environnement, alors que tous les producteurs d’électricité sont amenés à payer ce réseau au travers d’une contribution spécifique, c’est finalement EDF qui va valoriser ce patrimoine commun de la Nation Française.

Paradoxalement, ce sont donc bien les énergies renouvelables qui sont en partie en train de payer le démantèlement des centrales nucléaires. De façon tout à fait anticoncurrentielle, le secteur de l’éolien doit quant à lui, provisionner, avant d’avoir produit le premier kWh, la somme nécessaire au démantèlement de l’aérogénérateur !

Une fois encore, le nucléaire bénéficie d’un régime d’exception qui lui permet de reporter ses coûts sur l’ensemble des acteurs de la filière.





samedi 1 janvier 2011

2011 : ouvrir le débat du bon sens. Sortons du nucléaire.

Nous entrons dans l'année du débat sur le nucléaire, en France.
Nucléaire civil et nucléaire militaire sont liés. Il faut renoncer à l'un comme à l'autre. Contrairement aux discours dont on nous rebat les oreilles : le nucléaire n'assure pas notre sécurité énergétique et la dissuasion nucléaire n'assure pas notre sécurité de citoyens libres dans une société libre. Reste à le démontrer. Eh bien, nous allons le faire. C'est parti.
Commençons par cette fiche simple et claire empruntée au site :

http://nucleaire-nonmerci.net/francenucleaire.html

1/ France, pays le plus nucléarisé du monde

Avec ses 58 réacteurs et 1100 sites renfermant des déchets nucléaires, la France détient le record du pays le plus nucléarisé au monde par rapport au nombre d'habitants.

centrales nucleaires en France

Le nucléaire représente 17% de l'énergie française.
En effet, l’électricité d’origine nucléaire représente 78 % de la consommation électrique française, mais seulement 17 % de la consommation finale d’énergie française.

2/ La Hague : la plus grande usine de retraitement

Depuis 1966, l'usine de la COGEMA, située au cap de La Hague, en Normandie, retraite du combustible nucléaire. Non seulement elle retraite des combustibles pour la France, mais aussi ceux de 27 autres pays utilisant de l'énergie nucléaire.

Les combustibles qui arrivent à l'usine sont stockés sous l'eau pendant plusieurs années afin qu'ils refroidissent et ne soient plus radioactifs. Ensuite l'uranium et le plutonium sont réutilisés pour produire du nouveau combustible. (Ce paragraphe me semble inexact : je ne censure pas le document cité, mais je signale, ici, ce qui peut affaiblir une argumentation, par ailleurs solide - JP D)

Sur le plan environnemental, l’impact de La Hague a fait l’objet d’un examen de fond par un groupe d’experts internationaux*. L’étude a montré que les rejets radioactifs des sites de La Hague en fonctionnement normal correspondent à un accident significatif tous les ans. Des émissions qui dépassent de plusieurs ordres de grandeur les émissions autorisées.

Le site de La Hague concentre de loin le plus grand inventaire de radioactivité sur le sol français, ce qui en fait un cauchemar pour tout responsable de sécurité. En cas d'attentats, telle une attaque d’avions détournés, l'usine de La Hague n'est pas protégée.


En savoir plus sur les risques d'accidents nucléaires

3/ Les faux arguments pour justifier le choix du nucléaire :

  • "Le nucléaire permet de réduire l' "effet de serre" :

    l'effet de serre est un réel problème : il peut entraîner un changement climatique dramatique faisant disparaître des espèces. Les sécheresses et inondations seront plus fréquentes. Mais le nucléaire n'est pas la solution au problème.

    Certes l'énergie nucléaire ne produit pas de gaz carbonique, mais elle est loin d'être propre : tous les matériaux qui servent à construire des centrales ont consommé de l'énergie avec émission de gaz polluants.

    Les déchets radioactifs sont transportés d'un endroit à un autre ce qui :
    - produit bel et bien du CO2
    - engendre le risque de dispersion de matière radioactive dans l'environnement

Pour lutter contre l’effet de serre, il faut une baisse globale de la consommation énergétique mondiale, et surtout, il faut remplacer les énergies fossiles par des énergies renouvelables.

  • "Ca coûterait trop cher d'arrêter" :

    Combien cela nous coûtera t-il si un accident se produit ?
    Une grande partie de la population sera victime de cancers et des enfants auront des malformations ou maladies génétiques.

    Tous nos fruits et légumes seront radioactifs, on ne pourra plus vendre nos produits agricoles à l'étranger. Notre renommée en matière de bons vins va vite disparaître.

    Bien d'autres problèmes écologiques surviendront.
    Tout ça ne va t-il pas nous coûter cher ?
  • "Il faudra beaucoup de temps pour pouvoir sortir du nucléaire."

    C'est faux. Il faut savoir que pour produire de l'uranium enrichi, l'industrie nucléaire a besoin d'une grande quantité d'énergie. En fait, elle s'auto-alimente avec de l'énergie nucléaire, ce qui fait augmenter la consommation française !

    Si la France arrête d'exporter son énergie nucléaire, et que l'industrie nucléaire arrêtait de s'auto-alimenter avec de l'énergie nucléaire, on pourrait réduire très rapidement la production d'énergie nucléaire, beaucoup trop dangereuse.
  • Il faut utiliser des énergies renouvelables. Ainsi, on fermerait des centrales et éviterait des risques d'accidents.

*Etude dirigée pour le compte du programme « Scientific and Technological Options Assessment » (STOA) du Parlement Européen 4
Voir aussi : http://www.actu-environnement.com/ae/news/stoa_trnasport_parlement_carburant_fossile_3227.php4
 Télécharger le PDF

dimanche 5 décembre 2010

Le nucléaire civil est-il suffisamment sécurisé ?


Cela se passe à Flamanville, dans la centrale, le 5 décembre. Il neige. Un hangar, contenant des fûts de déchets radioactifs, s'effondre sous le poids de la neige. Quelques jours auparavant le village de Flamanville avait été privé... d'électricité. Risible ? Non, ce n'est pas drôle !

L'intérieur du bâtiment, avant l'effondrement.

Questions :

1 - Les fûts, nous dit-on, contenaient des gants et des chiffons faiblement contaminés.
• Est-il certain qu'à ce matériel "faiblement radioactif" n'étaient pas mêlés, parfois, d'autres déchets plus radioactifs ?
• Comment sont éliminés ces déchets faiblement radioactifs ? Sont-ils stockés ad vitam aeternam (en quelles quantités, et où ?) ? Détruits (par incinération) ? Jetés (où ? au fond des mers ?)...

2 - Comment une installation nucléaire très sécurisée peut-elle contenir des bâtiments, de type hangars, incapables de supporter le poids de la neige, en cas de forte chute ?

3 - Certains des fûts (en plastique) ont-ils été lésés par la chute des poutres du toit effondré ?

4 - Le risque que représente cet accident est classé 1 (sur l'échelle de dangerosité nucléaire échelonnée de 1 à 7). Quel est ce risque, si aucune fuite radioactive n'a pu se produire ?

5 - Pourquoi les déchets faiblement radioactifs restent-ils stockés dans la centrale de Flamanville ? N'importe quelle entreprise se débarrasse de ses déchets et les traite. Quelle est la filière de mise au rebut de ces déchets avant élimination ?

À ce questionnement s'ajoutent les appréciations que des citoyens lucides peuvent formuler après avoir pris connaissance de cette information invraisemblable qui laisse apparaitre que toutes les précautions ne sont pas prises pour mettre en sûreté des objets de travail contaminés, une fois qu'on les a utilisés.

Ce qui vient du ciel (pluie, neige, vents violents...) qui peut entrainer des inondations, des surcharges de poids, des renversements de murs fragiles, ou ce qui pourrait tomber du ciel (aéronefs ou fusées, dirigés par des volontés hostiles) représente un danger qui doit être mesuré et dont il faut se prémunir. À l'évidence, ce risque est sous estimé.

L'industrie nucléaire est dangereuse et sa mise en sécurité (ainsi que celle des riverains) coûte cher. Dans une économie libérale qui cherche à éviter les dépenses pour augmenter les profits, les centrales, dès lors qu'elles ne plus protégées par des politiques de service public, cessent d'être superprotégées. Consolider un hangar ne représente pas une lourde dépense. Que cela n'ait pas été fait peut inquiéter. Surtout s'il doit recevoir des containers de déchets (peu ou très radioactifs...).

Il n'est pas de jour qui ne nous apporte son lot d'informations relatives à la difficulté de mettre les citoyens à l'abri de risques nucléaires. On est en droit de penser que cette industrie, dont nous ne connaissons pas grand chose, en réalité, non seulement n'a aucun avenir mais constitue une menace bien présente.

lundi 22 novembre 2010

Vers la fin de la domination nucléaire de la France ?

L'Union européenne peut-elle fonder sa défense sur l'arme nucléaire que possèdent seulement deux de ses États-membres ? Accepter la domination nucléaire franco-britannique ne compromet-il pas le maintien et le prolongement de la construction politique européenne ? L'isolement gaullien de la France fondé sur la Bombe, remis en cause par l'insertion de la France dans un ensemble européen plus vaste et par sa rentrée au sein de l'OTAN, ne conduit-il pas à la fin de la Ve République ? Sans traiter ces questions, l'édito du Monde suggère qu'on s'en préoccupe. Il mérite une relecture attentive.


Édito du Monde :
La France, son arme nucléaire et ses alliés

S'il est un domaine de politique étrangère où Nicolas Sarkozy a fait preuve d'une grande constance, c'est bien celui-là : la France n'a pas l'intention de renoncer à l'arme atomique ni au dogme de la dissuasion. Le chef de l'Etat défend une constante de la Ve République depuis ses origines, "la monarchie nucléaire", selon l'expression du chercheur Samy Cohen.

La bombe française a eu cette année cinquante ans. Perpétuer son influence relève-t-il du seul orgueil national ? De la peur d'être déclassé dans un monde qui change ? De l'attachement à un indéniable attribut de puissance ? C'est le procès qu'instruisent ceux qui plaident pour l'abolition de l'arme suprême. Ils se sentent le vent en poupe depuis que Barack Obama a lancé un appel en faveur d'un "monde sans armes nucléaires".

La bombe, dernier vestige de la grandeur gaullienne, serait-elle condamnée ? Nicolas Sarkozy et ses conseillers ne sont pas de cet avis. Pour eux, le désarmement nucléaire n'est pas une priorité déconnectée des grands enjeux stratégiques de l'époque, au rang desquels la prolifération des armes atomiques et les programmes nucléaire et balistique de l'Iran. Un sujet sur lequel le chef de l'Etat ne cesse d'exprimer ses préoccupations.

La France peut aussi, à juste titre, considérer qu'elle n'a pas de leçon à recevoir en matière de désarmement. Elle est le seul Etat à avoir démantelé toutes ses installations de production de matière fissile. Elle a ratifié le traité d'interdiction complète des essais nucléaires. Elle a supprimé ses missiles sol-sol, et diminué d'un tiers le nombre de ses sous-marins nucléaires lanceurs d'engins. Elle a rendu public le périmètre de son arsenal (moins de 300 têtes), réduit de moitié en dix ans. Les autres pays dotés de l'arme nucléaire ne peuvent pas en dire autant.

Il n'empêche que la France a pu sembler isolée face à certains de ses alliés. Depuis 2009, à l'ONU, au sein du G8 et de l'OTAN, elle a bataillé pour qu'aucun document international ne vienne remettre en cause l'importance et la légitimité de la dissuasion. Elle a remporté des succès. Le récent accord que Paris et Londres ont passé sur le nucléaire militaire le montre.

Mais la France a aussi pu apparaître comme peu flexible. Les relations avec Barack Obama s'en sont ressenties surtout lorsque M. Sarkozy a réduit l'ambition du président américain à un "rêve", détaché du "monde réel".

La campagne de M. Obama pour l'élimination de l'arme nucléaire se heurte, de fait, à de nombreux obstacles, dont le retour en force des républicains au Congrès.

Autre "dégât collatéral" : la relation avec l'Allemagne, un pays qui prône la dénucléarisation du continent européen.

Juste avant le début du sommet de l'OTAN à Lisbonne, vendredi 19 novembre, un langage commun a pu être trouvé avec les Allemands. Mais ce n'est qu'une trêve. Les sensibilités nationales sur le nucléaire sont profondes, liées à l'Histoire. Le débat sur l'atome va continuer. Sur ce sujet aussi, l'Europe est hélas divisée.

Article paru dans l'édition du 21.11.10

http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/11/20/la-france-son-arme-nucleaire-et-ses-allies_1442725_3214.html

http://www.dijonscope.com/files/posts/13609-2009-11-armee-economie-budget-de-l-armee-bloem-dessin-dijonscope.jpg