vendredi 18 novembre 2011

Vers un fascisme nucléaire ?

Le fascisme, de fascio (le faisceau des licteurs romains), est, dit Le Robert, "le système politique que Mussolini établit en Italie en 1922 (totalitarisme, corporatisme, nationalisme et respect des structures capitalistes)".



Le symbole est fort : ce qu'une force ou un personnage isolé ne peuvent accomplir, rapprochés, unis, serrés en un même faisceau, les composantes d'une organisation politique le peuvent, et deviennent impossible à briser.

Ce qui est vrai d'un parti, d'un mouvement, soudés dans une unité insécable, peut l'être d'un lobby, d'une secte, d'une organisation secrète. Or tout se passe comme si, en France, la solidarité des composantes du lobby nucléaire les rapprochait en un même faisceau à caractère totalitaire, corporatiste, nationaliste et respectueux des structures capitalistes comme dit le dictionnaire !

Avec une assurance sidérante, l'actuel premier ministre, François Fillon, fustige, calmement, avec autorité, ceux qui veulent renoncer au nucléaire qu'il juge irresponsable et incapables !

Il n'aura pas même fallu une année entière avant qu'on ne tente d'effacer le syndrome de Fukushima. Le silence, après la stupeur planétaire du 11 mars 2011, aura été de courte durée. Il fallait aux nucléocrates reprendre la main. Ils s'y emploient.

Là où l'on peut parler de fascisme nucléaire, c'est quand l'on voit se réunir et se lier des politiciens de tous partis, des scientifiques hautement qualifiés, des chefs d'entreprises concernés, voire des syndicalistes défendant l'emploi des travailleurs des centrales, pour faire perdurer ce qui éblouit les apprentis sorciers : une énergie sans limite qu'on parvient, jusqu'ici, à maîtriser !

Ce qui s'est produit à Three Mile Island, aux USA, (le 28 mars 1979) à Tchernobyl en Ukraine (le 26 avril 1986) ou à Fukushima au Japon (le 11 mars 2011), et ce qui a pourtant failli se produire au Blayais (lors de la tempête du 27 décembre 1999) ne saurait, nous dit-on, se produire en France ! Le risque statistique d'accident majeur n'est pourtant pas nul dans un pays qui compte 58 réacteurs, certains déjà anciens, et dont le démantèlement (on le constate à Brennilis) prendra des décennies !



On peut entendre que sortir du nucléaire sera ou serait très difficile ; on ne peut admettre qu'il soit dit que ce sera ou serait impossible. Si c'était le cas, la non réversibilité de l'industrie nucléaire en marquerait le caractère totalitaire et, plus encore, le blocage de toute modification de notre politique énergétique.

On peut accepter d'entrer dans un débat tendu et reconnaître que des milliers d'emplois soient à prendre en considération. Il n'est pas concevable de se retrouver en face de hauts responsables affirmant que le débat est clos et que l'on ne peut supprimer des centaines de milliers (sic) d'emplois ! À cet égard, Nicolas Sarkozy et Henri Proglio ont osé des propos non seulement mensongers mais violemment péremptoires dont les citoyens informés ne sauraient tenir compte !

On peut soutenir que les compétences et les réalisations des acteurs du développement de l'industrie nucléaire sont, en France, exceptionnels. Il est illogique et choquant d'entendre dire que l'Allemagne se fragilise en renonçant au nucléaire alors qu'elle est la première puissance industrielle d'Europe et qu'on lui emprunte même de l'électricité au plus froid de l'hiver !

Le risque politique est énorme : il s'agit de savoir si la reconversion de la France aux énergies renouvelables, de façon rapide, massive et définitive est ou non envisageable. Or, en cette période de difficultés économiques, demeurer dans le même modèle industriel alors que feront de plus en plus défaut les combustibles fossiles (y compris l'uranium) est, pour le coup, irresponsable !

Une autre question majeure, bien présente actuellement, concerne le sort de l'Europe. Deux aspects sont, ici, à considérer. D'une part ceci : le choix nucléaire de la France et le choix non nucléaire de l'Allemagne, alors que ces deux pays prétendent tirer ensemble l'attelage économique européen, sont-ils tout simplement compatibles ? D'autre part, dans une Europe solidaire, la France peut-elle imposer à ses voisins son choix national pronucléaire alors que l'Italie, la Suisse, l'Allemagne, la Belgique, non loin l'Autriche, ont renoncé au nucléaire. Il n'est pas de frontières entre ces États en cas d'accident majeur. La politique nucléaire ne peut qu'être européenne, hors la majorité des pays d'Europe, à commencer par les plus proches de la France, sont décidés à sortir du nucléaire.

L'entêtement français oblige le gouvernement à durcir sa position et à adopter une orientation très autoritaire mettant en question le débat démocratique. Ce gouvernement qu'il soit celui de l'UMP ou celui du PS est ou sera dominé par la pression qu'AREVA et EDF exercent, avec le désir de faire, de leur modèle d'EPR, un projet rentable au niveau international ! Non seulement, pour ces géants industriels, qui ne manquent pas de cerveaux, on ne peut sortir du nucléaire mais... c'est l'avenir ! Il n'y a pas, avec eux, de compromis possible.

Mais, ultime question politique (si ce n'est la principale !), derrière le nucléaire civil se profile le nucléaire militaire. L'oublier, c'est se fermer les yeux sur la priorité du complexe militaro-industriel qui est lié, bien sûr, à des intérêts financiers gigantesques mais qui, surtout, est associé à une idéologie politique née après la seconde guerre mondiale et que De Gaulle a imposée : celle de la dissuasion. Tout ennemi éventuel doit savoir que la France dispose des moyens de se défendre en le réduisant en cendres. La défense du territoire et l'indépendance économique commandent : la France est une puissance nucléaire et entend le rester. Il y va de son statut face au monde entier. Seule contre tous, s'il le fallait, la France, du moins ses dirigeants actuels, continuent de penser notre pays comme un État-nation dominateur. Nous ne sommes pas, à cet égard, sortis du XXe siècle et des logiques qui ont entrainé des conflits monstrueux. Nous ne sommes pas encore convertis à une sécurité fondée sur la solidarité européenne. La France reste un État nationaliste et sa politique industrielle ou militaire en est totalement imprégnée.

On ne peut engager d'action de sensibilisation de l'opinion sans savoir qu'on va se retrouver face à une opposition multiforme, déterminée et pour qui le nucléaire sous toutes ses formes fait partie de l'histoire même du pays. Sortir du nucléaire civil et militaire, c'est sortir de cette illusion. Ce ne peut se faire sans longues luttes intellectuelles et politiques. L'aide de démocrates de divers pays en Europe et ailleurs sera indispensable. Dans l'immédiat, la revendication du renoncement unilatéral de la France à la dissuasion, insuffisante encore, doit se faire entendre, y compris auprès de ceux qui dissocient, à tort, le nucléaire civil du nucléaire militaire, l'un et l'autre de plus en plus obsolètes. On n'a pas encore beaucoup évoqué la sortie du nucléaire civil grâce à l'abandon du nucléaire militaire : cette folie n'est point si folle ; le monde entier ne peut plus vivre sur des volcans et qui ne veut pas de la bombe iranienne serait fondé à s'interroger sur l'urgence de mettre les peuples à l'abri de tous les Fukushima comme de tous les Hiroshima.




jeudi 17 novembre 2011

Une vigilance permanente et fidèle


JEÛNE et INTERPELLATION à PARIS

POUR L’ABOLITION DES ARMES NUCLÉAIRES

Centre Opérationnel de la Force Non Violente – Boulevard St-Germain

De la part du Groupe « Jeûne et Vigilance ».


La vigilance sera de nouveau assurée aux abords de « l’Îlot St-Germain »:

Le Vendredi 2 Décembre 2011


Si vous venez participer, faites le maximum pour être tout(e) de noir vêtu(e) !

C’est ainsi, d’ailleurs, que vous remarquerez le groupe.


Le 1er RdV est au Métro Solferino,

sous l'horloge du Ministère de la Défense.

Présence de 8 H à 9 H

Si vous ne pouvez venir qu’entre 9h et 12h, vous êtes invités à chercher les membres du groupe au "bistrot d'en face’’ Le Solférino (côté des N° pairs du Bd St-Germain). Ceci nous permet de prendre une boisson, mais ce temps permet, surtout, de partager et de faire des projets.

Le 2nd RdV est sur le terre-plein à l’angle du Bd St-Germain et de la rue de l’Université (en face du 231 Bd St-Germain : entrée du Ministère de la défense),

Présence de 12 H à 13 H

avec déplacement ultérieur.

Présence de l’après-midi au Métro Solferino (comme le matin):

de 16 H à 17 H


Les membres du groupe vous attendent pour manifester vigilamment ensemble !


Veuillez faire savoir, de préférence assez rapidement (si possible avant le 1er Décembre)

quels sont les créneaux horaires auxquels vous pourrez nous rejoindre. Merci.

Contact : Marie-Claude Thibaud

par courriel: marie-claude.thibaud@wanadoo.fr

ou tél : 02 47 05 59 89

Le jour de l’action : tél mobile : 06 71 60 05 46

Présence sous la responsabilité de la Maison de Vigilance de Taverny.

www.maisondevigilance.com



mercredi 16 novembre 2011

Le MOX au cœur de l'accord PS - écologistes sur le nucléaire

Médiapart révèle que le lobby nucléaire est intervenu dans la négociation sur le nucléaire entre socialistes et écologistes.

Il en est ressorti qu'un paragraphe de l'accord conclu a purement et simplement été enlevé du texte soumis aux instances dirigeantes du PS :



Utilisé en France depuis 1987, mais surtout développé à partir du milieu des années 1990, ce mélange d'oxydes de plutonium et d'uranium (d'où son nom – MOX) est un combustible nucléaire désormais répandu dans les centrales françaises (on en trouve dans vingt et une d'entre elles). Sa particularité est d'être fabriqué à partir d'éléments déjà utilisés dans les réacteurs, ce qui permet de «recycler» ainsi une petite partie des déchets générés par la filière. Mais c'est justement l'un des éléments «qui posent le plus de problèmes à la filière de retraitement, compte tenu de ses caractéristiques qui le rendent très dangereux», expliquait il y a quelques mois l'Autorité environnementale. Les écologistes dénoncent ses dangers pour l'environnement et pour les hommes depuis des années.

En France, deux sites se sont spécialisés dans la fabrication et le traitement du MOX: l'usine Melox sur le site de Marcoule, dans le Gard, et le centre de traitement des déchets de La Hague, dans la Manche. Tous deux appartiennent au groupe Areva, qui, mardi soir, dénonçait la mise en péril de 14.000 emplois (10.000 directs et indirects pour La Hague, 1.300 pour Marcoule). En réalité, l'usine de La Hague et les autres filiales en Basse-Normandie représentent à peine 5.000 emplois, plus environ 1.800 emplois en sous-traitants. L'usine Melox emploie environ 700 personnes.


De plus, l'utilisation de combustible MOX dans les réacteurs français arrive de toute façon à son terme : d'après l'Autorité environnementale, il ne reste plus que les tranches 3 et 4 de la centrale du Blayais à équiper. Pour sortir du MOX, il suffirait donc de progressivement remplacer ce combustible par de l'uranium, ce qui peut se faire au bout de trois ans. Par ailleurs, l'EPR permet un fonctionnement avec 30% de MOX dans le cœur, voire jusqu'à 100%. Cette caractéristique a été dénoncée par Eva Joly, mardi matin sur France Inter. Mais il peut aussi fonctionner avec de l'uranium – l'utilisation de MOX n'est pas prévue pour l'EPR finlandais.

La production mondiale de MOX est dominée à 95% par Areva, dont le premier client est EDF. Depuis 2009-2010, on en trouve dans quatre réacteurs japonais, dont les tranches 3 et 4 de la centrale de Fukushima Daiichi. Sans MOX dans les centrales françaises, cette activité d'Areva perdrait donc sa raison d'être. Elle pèse 1,7 milliard d'euros, pour un chiffre d'affaires global d'Areva de plus de 9 milliards d'euros.

Lire l'article complet dans Médiapart :

http://www.mediapart.fr/journal/france/151111/le-lobby-nucleaire-reecrit-laccord-ps-ecologistes

mardi 15 novembre 2011

De l'iode 131 en France ? Rien que de très naturel !

Mieux vaut en rire...

"Au moment où des tractations difficiles sont en cours pouvant aboutir à l'utile acceptation de l'EPR de Flamanville par le PS et les écologistes, en échange d'un accord électoral, on veut nous faire croire que la radioactivité existe encore ! C'est sans doute une manœuvre perverse des antinucléaires. Du reste tout cela est sans danger. D'ailleurs ça vient de l'est, donc les Allemands ont laissé passer ces nuages, pourtant de faible intensité, rien que pour nous déconsidérer. Même si ça venait de Fukushima, cela prouverait qu'en bout de course, il n'y a plus de risques. Enfin, c'est de l'iode 131, "dont la radioactivité diminue de moitié tous les huit jours", autant dire que très bientôt on n'en parlera même
plus. À moins que ce soit un renvoi, depuis la Corse, effectué par des indépendantistes irresponsables, malades de la thyroïde !".



Des traces d'iode 131, imputables à des rejets radioactifs, ont été détectées dans l'air en France sans toutefois présenter de risque sanitaire, annonce, mardi 15 novembre, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). L'origine et la date des rejets à l'origine de cette pollution par l'iode 131 – un élément à la durée de vie courte dont la radioactivité diminue de moitié tous les huit jours – "sont inconnues à ce jour" mais n'auraient aucun lien avec l'accident nucléaire de Fukushima, au Japon, selon l'IRSN.

L'Institut avait été informé par ses réseaux scientifiques de la détection par plusieurs pays d'Europe centrale d'"iode 131 à l'état de traces dans l'air" et a donc lancé des analyses pour rechercher la présence éventuelle de cet élément radioactif en France, explique l'Institut dans un communiqué. Les "premiers résultats indiquent la présence de traces d'iode 131 particulaire dans l'air en France à des niveaux de concentration ne dépassant pas quelques microbecquerels par mètre cube et proches de la limite de détection des instruments de mesure", selon l'IRSN.

"Si la présence d'iode 131 dans l'air est tout à fait inhabituelle à cette échelle du territoire national, indiquant l'occurrence de rejets radioactifs anormaux dans l'atmosphère, les niveaux de concentration observés sont sans aucun risque pour la santé des populations", assure l'Institut.

Des calculs de "rétro-trajectoire" sont en cours pour tenter de retracer la provenance des masses d'air ayant transporté l'iode 131 détecté.




Le 11 novembre, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) avait fait état de la présence d'iode 131 dans l'atmosphère en République tchèque et dans d'autres pays européens à des niveaux ne présentant "aucun risque pour la santé". L'AIEA n'a pas précisé de quels autres Etats il s'agissait, mais plusieurs agences de sûreté nucléaire de pays voisins – Pologne, Autriche, Slovaquie notamment – ont, elles aussi, révélé la présence de cette substance dans l'atmosphère, toujours à des doses très faibles.

lundi 14 novembre 2011

Halte au nucléaire : L’appel des évêques du Japon

À l’issue de leur assemblée plénière, les évêques catholiques du Japon ont appelé leur gouvernement à fermer sans délai les centrales nucléaires du pays.

Lors d’une conférence de presse tenue le 10 novembre près de la cathédrale Motoderakoji de Sendai, le diocèse le plus touché par la catastrophe de Fukushima, les évêques ont présenté un document intitulé « Mettre fin à l’énergie nucléaire aujourd’hui : de la nécessité de prendre en compte la catastrophe provoquée par le tragique incident de Fukushima Daiichi ».

« Après la catastrophe de Fukushima, une réflexion s’imposait », affirme Mgr Kikuchi Isao, évêque de Niigata, dans un entretien accordé à l’agence catholique Fides. « Nous demandons à nos concitoyens de changer et de simplifier leur style de vie. La majorité de la population partage les craintes concernant les effets négatifs du nucléaire. D’autres pensent que changer la vie d’un pays dans son ensemble est impossible et que l’on ne peut donc pas arrêter les centrales. Nous avons discuté de cela entre nous, évêques ».

« Nous demandons au gouvernement d’investir davantage dans les nouvelles sources d’énergie comme l’énergie solaire. Notre document ne se veut pas politique mais plutôt de nature religieuse et sociale. Nous comptons sur le soutien des croyants de toutes les religions », conclut-il.

Oublier Fukushima, ses conséquences, les enseignements qui nous ont été fournis par la catastrophe est un crime politique que l'on commet, sans état d'âme, actuellement, en France. Pour se tenir informé consulter, régulièrement :

http://fukushima.over-blog.fr/

dimanche 13 novembre 2011

Pour Hulot, il faut dépasser le nucléaire

"Au-delà des aspects économiques, je considère qu'en l’état actuel de notre technologie, la sortie du nucléaire est un d'abord un objectif moral incontournable."

"S'accommoder des événements de Fukushima ou de Tchernobyl est incompatible avec l’idée d'une civilisation. Notre mémoire collective est désespérément courte. La situation d'effroi et de désarroi général pour ne pas dire de panique au moment de Fukushima est une démonstration suffisante en soi que nous avions dépassé toutes les limites acceptables dans la prise de risque. Personne ne peut ni ne doit effacer ces instants où la communauté scientifique et les responsables politiques étaient dans un état de quasi sidération. Ce n'est pas l’idée que je me fais du progrès. Beaucoup semble aujourd'hui oublier le point de vue des victimes et peu importe d'ailleurs leur nombre véritable. Le propre d'un accident nucléaire c'est d'être inestimable dans le temps et dans l’espace. Et là s'arrête le risque acceptable dès lors que l’on ne maîtrise ni ne mesure plus ses conséquences.

Dans la même veine, ignorer la durée de vie et la dangerosité à très long terme des déchets est incompatible avec la notion première du développement durable, puisque c'est une délégation de risque aux générations futures.




"Un débat public digne de ce nom s’impose"

Une fois cette considération posée, je me garderai bien de commenter les chiffres sur les pertes d’emploi que la sortie du nucléaire occasionnerait, tout comme je me garderai de valider sans réserve la création que le développement d'un nouveau modèle énergétique créerait. Comme citoyen profane, je ne me prononcerai pas sur le coût du démantèlement mais j’observe qu’en creux cela signifie qu'il n’a probablement pas été provisionné et que nos tarifs sont en trompe-l’œil. De la même manière, je serai curieux de connaître l’effet si l’on internalisait les conséquences des énergies non renouvelables.

En réalité, je crois qu'en l’état, personne n’a la vérité des chiffres. Une expertise indépendante et un débat public digne de ce nom s’imposent. Mais la réflexion doit se faire non seulement sur la sortie du nucléaire, mais aussi sur l'après-pétrole et sans aucune concession sur nos objectifs de réduction d'émission de gaz à effet de serre. La contrainte n’étant pas l’ennemi de la créativité au contraire, ces trois contraintes produiront à terme des sauts technologiques. A quelle échéance, évidemment impossible à dire, et la sortie du nucléaire sera le fruit d'un processus qu'il faut engager le plus tôt possible.


"L’avenir est à l’irréalisé"

Je suis convaincu que la France et l’Europe peuvent se réindustrialliser et développer un nouveau modèle économique sur : une, le développement massif des énergies renouvelables; deux, l’efficacité énergétique et toutes ses filières associées (avec un bénéfice important sur notre balance commerciale à mesure que l'on s'affranchira du gaz, du pétrole et de l'uranium) et trois, je pense que toute notre industrie automobile pourrait se reconvertir sur des véhicules probablement en fibre de carbone, aux normes de consommation, de vitesse et de pollution excessivement drastiques. Évidemment cela signifie que, dès aujourd'hui, l'on abonde la recherche dans cette voie.

La prochaine vague technologique en sera issue. Au passage les Chinois l’ont probablement compris, regardons avec quelle efficacité ils développent les énergies renouvelables. Et côté USA comme ils le disent eux-mêmes à propos de la fusion, c'est une énergie d'avenir et elle le restera. Trop conscient que les nouvelles normes de sécurité et leur coût vont changer les critères économiques.

Je rappelle aussi, puisque cela nous a visiblement échappé, que le GIEC nous a affirmé récemment que près de 80% de l’approvisionnement mondial pourrait être couvert par les énergies renouvelables. A la condition que les politiques ciblent les investissements.

Sauf à faire preuve d'un entêtement cynique, il faut sans tarder dépasser le débat sur le nucléaire et partager une vision de notre futur modèle énergétique, solidaire et économique."

Nicolas Hulot - le JDD.fr

samedi 12 novembre 2011




vendredi 11 novembre 2011

Lettre ouverte au Parti Socialiste et à Europe-Écologie Les Verts

J'ai signé cette lettre et vous encourage à le faire.
Jean-Pierre Dacheux

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQ_qXoYWdun7WksM6F62ZQIEetxsPTtCzbMb6vE5M3KEX_8nNuROg

La sortie du nucléaire, pour moi c'est clair !

M. Hollande, Mme Joly,

Europe-Écologie Les Verts et le Parti Socialiste se sont donnés jusqu'au 19 novembre pour parvenir à un éventuel accord électoral.

Plus de 70 % des Français sont favorables à la sortie du nucléaire *

Ce n'est pourtant pas la direction dans laquelle s'engage M. Hollande. Les éléphants du PS rateront-ils l’occasion historique de rompre avec leurs positions et leur image de dinosaures pro-nucléaires ?

La candidate d'EELV cédera-t-elle au diktat atomique du PS, piétinant ainsi cette « responsabilité historique » de sortie du nucléaire dont elle s'est déclarée porteuse ?

La sortie du nucléaire est un impératif éthique et écologique, mais également une orientation économique incontournable. Pareils enjeux ne doivent pas être sacrifiés à la « cuisine » électorale des partis et aux tractations en vue des législatives, ni aux pressions de l'industrie nucléaire.

M. Hollande, vous persistez à promettre une hypocrite « réduction de la part du nucléaire ». Mais les quelques centrales dont vous concèderiez la fermeture sont celles qu’il aurait déjà fallu fermer de toute urgence du fait de leur vétusté et de leur dangerosité. Les nombreux réacteurs restants continueront à faire peser sur nous le risque d’un accident majeur.

Votre récent engagement à poursuivre le chantier du réacteur EPR de Flamanville n'est pas acceptable, d'autant moins qu'il s'agit d'une « tête de série » dont la construction annonce le renouvellement de l'ensemble du parc nucléaire français. Acceptez-vous donc l'accumulation, au cours des prochaines décennies, de milliers de tonnes de déchets nucléaires supplémentaires, qui resteront dangereux pour une durée des millions de fois plus longue que votre carrière politique ?

Comptez-vous continuer à dilapider le budget de l'État par dizaines de milliards d'euros dans le fonctionnement et la réfection du parc nucléaire actuel, dans son renouvellement et dans la recherche sur des chimères technologiques (réacteur à fusion ITER, réacteurs dits « de 4ème génération ») ?

Ou bien préférez-vous créer des centaines de milliers d'emplois en ré-orientant enfin les investissements vers les économies d'énergie et les énergies renouvelables, qui contribuent fortement au dynamisme économique de l'Allemagne et à sa résistance à la crise financière mondiale ?

J'attends d'un candidat à la présidence de la République qu'il s'engage clairement :

- Pour une sortie complète et définitive du nucléaire ;
- Pour le refus de toute nouvelle construction de réacteur et l’abandon du réacteur EPR (Flamanville, Penly)
- Pour l’arrêt des réacteurs nucléaires ayant dépassé la durée de 30 ans de fonctionnement pour laquelle ils ont été conçus ;
- Pour l'arrêt du « retraitement » des combustibles usés à La Hague, et de l'utilisation du combustible MOX ;
- Pour le gel de tous les projets d'installations d'enfouissement ou de stockage de déchets nucléaires ;
- Pour une politique énergétique ambitieuse, fondée sur la maîtrise des consommations d'énergie et sur le développement des énergies renouvelables, qui créera des centaines de milliers d'emplois comme chez nos voisins allemands, et nous aidera à sortir de la crise économique.

Pour le citoyen et potentiel électeur que je suis, vous avez le devoir d’aller au-delà des enjeux électoralistes.

Prenez la bonne décision : la sortie du nucléaire, pour moi c'est clair !

Jean-Pierre Dacheux

http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQ87A3o7mXQhLWFqCWkjF38ITlBSm_RzYshPPClsovf6YTjjRbr

* 77 % selon un sondage IFOP/Le JDD.fr, réalisé du 1er au 3 juin 2011 http://www.lejdd.fr/sondage/les-francais-pour-une-sortie-progressive-du-nucleaire-191.html

70 % selon un sondage IFOP/Europe-Écologie Les Verts, réalisé du 15 au 17 mars 2011http://www.lejdd.fr/sondage/les-francais-pour-une-sortie-progressive-du-nucleaire-191.html

et 70 % également selon un sondage Opinion Way/Alliance écologiste indépendante, réalisé les 16 et 17 mars 2011.