vendredi 12 juillet 2013

Fin de la Finlande..?

  POUR L'ÉTERNITÉ...

 

Des milliers de tonnes de déchets radioactifs vont être enterrées dans une cavité, qui devra rester inviolée pendant 100 000 ans. Un défi insensé et risqué.



A l’ouest de la Finlande, sur la presqu’île d’Olkiluoto, des ouvriers s’affairent à creuser un immense trou de 450 mètres de profondeur, parcouru par cinq kilomètres de route.
Lorsqu’il sera terminé, en 2020, l’industrie nucléaire finlandaise commencera alors à y enterrer des milliers de tonnes de déchets radioactifs. Et quand cette besogne sera à son tour achevée, 100 ans plus tard, la cavité sera scellée et devra rester inviolée pendant 100 000 ans.
Un défi insensé, plein de risques, qui dépasse techniquement et philosophiquement tout ce que l’homme a pu entreprendre jusque-là.
La route est longue, étroite, et sa platitude n’a d’égale que sa monotonie. Elle serpente dans la région du Satakunta, à travers des bordées de bouleaux et de sapins, et débouche tout droit sur le Golfe de Botnie, cette étendue d’eau qui sépare la Finlande de la Suède.
Avant de bifurquer sur la gauche, pour rejoindre la route nationale 8, puis encore sur la droite, quelques kilomètres plus loin, en direction de la presqu’île d’Olkiluoto, on traverse la bourgade d’Eurajoki.

« Onkalo », « la cave » en finnois

Eurajoki est une coquille sans charme particulier, Eurajoki transpire l’ennui, mais Eurajoki est une commune prospère. Comme tous ceux pour qui ce nom évoque quelque chose, je n’aurais jamais entendu parler de ce petit bled grisâtre du sud-ouest de la Finlande s’il n’était pas la municipalité qui chapeaute le complexe nucléaire d’Olkiluoto.
Avec ses deux réacteurs en fonction depuis la fin des années 70, et l’interminable construction de son EPR – le fameux réacteur pressurisé européen d’Areva –, cette presqu’île constitue l’un des centres névralgiques de la politique énergétique de la Finlande.
Mais ce qui en fait un endroit à part sur le globe, c’est son tombeau nucléaire, construit par l’entreprise Posiva. L’endroit a été baptisé « Onkalo », « la cave » en finnois. Des bataillons d’ouvriers étrangers, venus de toute l’Europe, y ont creusé un immense trou à même la roche.
Selon le plan établi, à partir de 2020, l’industrie nucléaire finlandaise y stockera tous les déchets produits par ses centrales depuis 1996. L’opération de stockage est prévue pour durer 100 ans. Un siècle durant lequel, chaque semaine, un funeste cortège de camions chargés de détritus à la toxicité inégalable empruntera les cinq kilomètres de route souterraine qui mènent au fond de la cave.

Ouverture interdite pendant 100 000 ans

Ces milliers de tonnes de déchets seront alors réparties dans des trous creusés à l’intérieur d’une interminable galerie de tunnels. Puis méticuleusement, les unes après les autres, ces cavités seront rebouchées.
Enfin, quand cent ans plus tard, en 2120, les 4 500 orifices imaginés seront repus du matériel mortifère, alors on refermera cet édifice titanesque et on devra prétendre qu’il n’a jamais existé.
C’est là que se profile le paradoxe qui fait toute la folie d’Onkalo. Une fois la grotte obstruée, il s’agira de s’assurer que personne n’ait l’idée saugrenue d’éventrer la roche de nouveau.
Après tout, si nos prédécesseurs se sont entêtés à ouvrir le tombeau égyptien de Toutânkhamon – un sanctuaire qui aurait dû rester inviolé pour l’éternité –, quel message pourrait bien être assez fort pour dissuader les générations futures d’explorer à leur tour ce qui sera devenu un vestige du passé, d’une autre civilisation peut-être ?

Une aberration qui sied à notre espèce

Les résidus radioactifs d’uranium et de plutonium dont il est question devront demeurer sous terre pendant 100 000 ans. Pas 100 ans. Pas 1 000 ans. Ici, les esprits narquois pourraient alors avancer qu’à 2 000 ans près, on est tout à fait en mal de certifier si un type répondant au nom de Jésus Christ a réellement existé, quand bien même quatre autres personnages tout aussi obscurs auraient chacun signé un ouvrage pour perpétuer sa parole et ses actes.
Onkalo est donc l’histoire d’un trou creusé par notre espèce, une cavité conçue à la seule fin de recevoir les restes d’un procédé technologique pas complètement maîtrisé.
Une fable universelle de l’homme censé inventer un message pour expliquer à son prochain qu’il ne faut pas ouvrir un cercueil dont il lui confie la charge, sans avoir l’assurance que ce prochain soit en mesure de décrypter ledit message.
En d’autres mots, une aberration qui a pourtant du sens, une mécanique qui sied parfaitement à notre espèce. « Agissons d’abord, on réfléchira plus tard », n’est jamais qu’une maxime qui nous ressemble bien.

http://fr.news.yahoo.com/onkalo-voyage-tombeau-nucl%C3%A9aire-finlandais-075929471.html


Loïc H. Rechi | Journaliste et Vincent Desailly | Photographe - Editeur sur RUE 89


dimanche 9 juin 2013

À Fukushima, ça continue !

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Par Janick MAGNE
Enseignante d’université à Tokyo,

Au Japon depuis 34 ans   

Ma lettre aux députés français, ce jour
(envoyée à chacun d'eux sur leur e-mail de l'Assemblée) :

 De Tokyo, Japon, le 30 mai 2013

 Mesdames et Messieurs les députés,

Je vous écris du Japon, je viens d’apprendre qu’un débat au sein de  l’Assemblée Nationale, ce soir,  fera enfin sortir de l’ombre la douloureuse question du nucléaire.  Vous allez notamment évoquer  l’accident de Fukushima. Je vous dis MERCI d’aborder enfin ce que nous  savons tous ici, au Japon, mais que personne ne veut entendre en France.   

Laissez-moi rêver et espérer un peu : je vais vous parler du Japon en  quelques lignes et je souhaite que vous lisiez ce message avant votre  première réunion....

Oui, la situation à Fukushima est terrifiante.  Non, nous ne voyons pas d’issue. Chaque jour, ce sont 400 tonnes d’eau  souterraine qui pénètrent dans les soubassements de la centrale  accidentée de Fukushima-1 et viennent se contaminer au contact de l’eau  de refroidissement des trois réacteurs dont les coeurs ont fondu et  desquels personne ne peut approcher, tant la radioactivité y est  importante. L’eau souterraine pénètre aussi dans le bâtiment des  turbines.  Jour après jour, des ouvriers pompent cette eau, la filtrent  en partie – bien insuffisamment car il n’existe aucun moyen de se  débarrasser de la plus grande partie des quelque 120 radionucléides  qu’elle contient – et la conservent ensuite dans des réservoirs et des  citernes provisoires.  Le site ne pourra bientôt plus accueillir de  nouvelles citernes et l’eau est beaucoup trop radioactive pour être  rejetée dans l’océan où la pollution radioactive atteint déjà des  records.

Il y a un peu plus de 2 semaines, le 13 mai, l’électricien  nucléaire japonais TEPCO a rencontré à Fukushima les représentants des  coopératives de pêche locales. Ils voulaient convaincre les pêcheurs que  la dernière trouvaille de TEPCO était la bonne: récupérer dans 12 puits  en amont de la centrale le quart environ des eaux souterraines (soit  100 tonnes/jour) et déverser cette eau dans l’océan. Ainsi, il n’y  aurait « plus que » 300 tonnes d’eau souterraine par jour qui  viendraient se contaminer au contact des réacteurs.

TEPCO croyait  acquis l’accord des pêcheurs, mais ceux-ci n’ont pas marché dans la  combine : ils viennent de refuser, ils demandent un temps de réflexion  supplémentaire, car TEPCO leur a tellement menti, TEPCO a tellement  manipulé les chiffres et nié la gravité de la catastrophe qu’il est  IMPOSSIBLE de les croire aujourd’hui. Les pêcheurs se demandent à quelle  sauce TEPCO va encore les manger. Nous nous demandons TOUS ici à quelle  sauce nous allons être mangés, mais ce sera une sauce au césium, bien  évidemment.

Plusieurs ingénieurs de la centrale de Fukushima l’ont  déclaré à la presse ces dernières semaines: ils sont incapables de  prévoir ce qui va se passer demain, la semaine prochaine, le mois  prochain. Toute leur énergie se concentre sur ce problème des 390 000  tonnes d’eau déjà stockées sur le site et des 400 tonnes journalières  supplémentaires.  Ils essaient juste d’avoir une heure d’avance sur  l’eau, rien qu’une petite heure à la fois. L’un d’entre eux l’a dit : «  S’il se produisait un nouvel accident (et comment ne pas y penser, dans  l’état où se trouve le site, et alors que les secousses sismiques se  poursuivent et se répètent inéluctablement ?), s’il se produisait un  accident,  donc, NOUS NE POURRIONS PAS Y FAIRE FACE. » J’ai envie de  crier AU SECOURS !

Qui, mais qui sera enfin assez sensé pour intervenir  ici au Japon, pour stopper ce massacre en préparation, pour freiner la  course folle du Japon vers la reprise du nucléaire alors que nous avons cette épée de Damoclès au-dessus de nos têtes ? Le gouvernement japonais  est dans le déni. La population se sent impuissante et préfère, trop  souvent, feindre de croire le discours officiel.

Et pourtant, savez-vous que nous attendons  pour la fin juin une livraison de MOX  français à destination d’une centrale arrêtée depuis février 2012, sur  la côte ouest du Japon, à Takahama ? C’est peut-être moi qui vais vous  l’apprendre, Mesdames et Messieurs les députés, mais le Japon ne fonctionne plus actuellement qu’avec 2 réacteurs nucléaires sur 48 (je  ne compte pas les 6 réacteurs de Fukushima-1, dont 4 sont hors service  pour les raisons que vous connaissez, et les 2 autres ont été abandonnés). Le saviez-vous ? Entre mai et début juillet 2012, PAS UN  SEUL réacteur n’a fonctionné dans le pays. Nous avons vu les réacteurs  s’arrêter un par un entre la date de la catastrophe (11 mars 2011) et  mai 2012, soit en raison d’incidents soit pour des opérations de maintenance. Personne n’a ensuite eu l’audace de les remettre en marche  jusqu’à ce jour de début juillet 2012, où, passant outre le sentiment  profondément antinucléaire de la population, les autorités ont fait du  forcing et redémarré 2 réacteurs à la centrale d’Ôi, arrêtant du même  coup une centrale thermique à proximité (car, oui, il y avait  suffisamment d’électricité !). Depuis bientôt un an, ce sont les deux  seuls réacteurs en service dans le pays.

À l’heure où il faudrait  tout tenter pour arrêter cette folie et trouver une solution d’urgence,  le gouvernement japonais encourage les gens à revenir dans la zone  d’exclusion qui,  jusqu’au 31 mars 2013, s’étendait sur 10 à 20 km en  demi-arc de cercle autour de la centrale accidentée :  qui voudrait revenir à deux pas d’une centrale incontrôlable, à deux pas de trois  réacteurs éventrés dont on ne sait même pas où se trouve le combustible, à deux pas de ces gigantesques masses d’eau contaminée dans des  citernes dont personne ne sait combien de temps elles tiendront, à deux  pas d’un site qui contient 2000 tonnes de combustibles usés répartis  dans des piscines de désactivation instables, certaines au sommet de  bâtiments qui ont explosé, et alors qu’il est devenu si difficile de  trouver du personnel que TEPCO recrute au Brésil et emploie des SDF ?

Aujourd’hui, 11 villes de l’ancienne zone d’exclusion ont été partagées  en trois nouvelles zones qui s’enchevêtrent inextricablement : une zone  toujours inter
dite car la radioactivité  y dépasse les 50 millisieverts  par an, une zone intermédiaire où l’on a bien imprudemment promis aux  habitants qu’ils pourraient revenir s’installer d’ici 3 ans, et dont la  radioactivité se situe entre 20 et 50 millisieverts/an, et une zone « de  préparation au retour » où la radioactivité peut monter jusqu'à 20  millisieverts/an.  Pour rappel, sachez que la dose maximale autorisée  pour les travailleurs du nucléaire en France est de 20 millisieverts/an  et que la norme internationale pour la population civile est de 1 millisievert par an, comme vient de le rappeler la Commission des Droits  de l’Homme de l’ONU.

La nouvelle Autorité de Sûreté Nucléaire  japonaise vient coup sur coup d’exiger l’interdiction de reprise  d’activité de plusieurs centrales en raison de fausses déclarations de  contrôles qui n’ont jamais eu lieu et parce que de très nombreux  réacteurs sont situés sur des failles sismiques actives.

Mesdames et  Messieurs les députés,  il faut arrêter le massacre. Il faut que vous  arriviez à convaincre M. Hollande que le nucléaire n’est PAS une option.  Nous allons en crever. Vite, vite, faisons quelque chose ! Si vous le  voulez, utilisez mon expérience de Française au Japon qui vit tout cela  en direct, utilisez mon témoignage  pour  porter enfin un message que  personne ne voulait entendre jusqu’à maintenant et dont dépend pourtant  notre survie à tous.

Je me souviens d’une conversation que j’ai eue à  Tokyo avec Monsieur le Ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius  fin 2012 : il m’a dit qu’il avait toujours cru « comme tout le monde »  qu’il était impossible d’arrêter le nucléaire du jour au lendemain  ...jusqu’au jour où il y a eu Fukushima et que le Japon a tout arrêté.   Oui, quasiment du jour au lendemain, le nucléaire s’est arrêté au Japon ! Avec  54 réacteurs à l’origine, contre 58 en France...

Merci d’y  réfléchir. MERCI pour nous tous, au Japon et dans le monde (l’hémisphère  Nord pourra être lourdement touché en cas de nouvelle catastrophe au  Japon), MERCI pour les générations à venir.

Je suis allée plusieurs  fois dans la zone interdite de Fukushima. J’en rapporte des conférences  et des photos. Je le fais pour témoigner, pour montrer où nous mène la  folie des hommes et l’arrogance de certains, plus animés par le goût du  profit immédiat que par le souci du devenir humain.

Mesdames et  Messieurs les députés, merci de m’avoir lue. Je serai 6 jours en France  du 7 au 13  juin, je viens témoigner dans trois conférences de la  situation à Fukushima. Si vous voulez me rencontrer cette fois-ci ou à  une autre occasion (je serai de nouveau en France de début août au 20 septembre environ), n’hésitez pas à me contacter, je serai heureuse de  témoigner, comme j'ai promis à mes amis japonais de la zone interdite de  le faire sans répit.

Salutations républicaines,

Janick MAGNE


 

mardi 7 mai 2013

Mais si le nucléaire civil et militaire est inoffensif !

INTERDIT DE SOIGNER UNE MALADIE LIÉE AU NUCLÉAIRE ?


Les procédures disciplinaires en cours scandalisent le milieu des médecins du travail, soucieux de défendre leur indépendance vis-à-vis des employeurs et leurs pratiques professionnelles.

Première en France : trois entreprises portent plainte contre des médecins, qui ont lié les pathologies de salariés à leurs conditions de travail.

Le médecin de la centrale nucléaire de Chinon n’est pourtant pas un débutant. Dominique Huez exerce depuis 1978 et ne compte plus ses interventions, prises de position, publications en faveur de la protection
de la santé des salariés. Bref, jusqu’à présent, s’il avait dérangé, ni EDF ni aucune entreprise du Chinonais n’avait voulu le couler.

Voilà qui vient de changer. La société Orys a porté plainte contre lui devant le Conseil de l’Ordre des médecins, pour manquement à ses « obligations professionnelles et déontologiques ». Ce sous-traitant d’EDF a estimé que le médecin du travail avait outrepassé ses prérogatives en établissant que la pathologie d’un de ses salariés était liée à ses conditions de travail dans l’entreprise.

Une première ? A un jour près, une plainte similaire a été déposée contre un autre médecin du travail, dans le même département, par EDF cette fois. Enfin, dans l’Ain, la même procédure a déjà abouti à un blâme, qui fait actuellement l’objet d’un appel. Ce sont les seuls cas que le Conseil national de l’Ordre des médecins recense jusqu’à présent. Les trois premiers.



UNE BOMBE ATOMIQUE SUR LES COTES DE BRETAGNE

Un missile nucléaire tout près des côtes de Bretagne le 5 mai ! Heureusement, ce missile ne comportait pas  de charge nucléaire...

L'essai raté du missile M51 effectué par la Marine nationale n'a heureusement pas fait de victimes, mais il rappelle à notre mémoire qu'il existe encore des dizaines milliers d'armes nucléaires dans les arsenaux de 9 pays et comme toute technologie, elle peut faillir! Si ce tir avait porté sa charge nucléaire, toute la Bretagne jusqu'aux  côtes d'Angleterre auraient subi d'atroces destructions.

Le M51 mesure 12 mètres de long pèse 56 tonnes et peut porter des charges nucléaires 60 à 80 fois supérieure à la bombe qui a détruit la ville d'Hiroshima. Si ce missile devait être utilisé dans un cadre d’une frappe nucléaire, il est certain que toutes les personnes et les êtres vivants se trouvant dans un rayon de plusieurs kilomètres autour de l'explosion auraient été tués ou blessés et la plupart des bâtiments auraient été vaporisés par l'effet de souffle. Dans un rayon de 10 kilomètres, la chaleur excédant plusieurs centaines de degré aurait enflammé tout ce qui peut brûler, les villes, les forêts, les voitures. Enfin, les radiations contamineraient pour longtemps une vaste zone.

Voilà ce que fait une arme nucléaire. Explosant au-dessus d'une ville, elle la réduit en poussière. Les tempêtes de feu qui s'en suivent et les radiations  achèvent de détruire tout ce qui fait fonctionner une société, les communications, les services, les productions... En réalité, l'utilisation d'une seule d'entre elles aurait des conséquences mondiales et il faut faire en sorte que cela n'arrive jamais.

Pour  les 127 pays réunis lors de la conférence sur l'impact humanitaire  des armes nucléaires (Oslo- 4/5 mars 2013), il n'existe aucune agence de l'ONU, aucun service d'urgence même dans les pays développés, qui puisse prendre en charge les conséquences humanitaires d'une détonation nucléaire. La seule façon de s'en prémunir est de prévenir une telle catastrophe en éliminant ces armes de destruction massive.

La France, pays possesseur de « moins de 300 bombes atomiques », pourrait jouer un rôle de premier plan vers leur élimination en choisissant de s'appuyer sur son engagement en faveur des Droit de l'Homme et sur sa tradition humanitaire.

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Contacts:
Pierre Villard ICAN - France 06 82 92 29 46 pierre.villard@icanfrance.org
Arielle Denis ICAN - Europe : 06 87 14 89 33 arielle@icanw.org

 

lundi 11 mars 2013

Un anniversaire dont se moquent les nucléocrates

La "ministre de l'écologie du Développement durable et de l'Énergie" choisit le second anniversaire de la catastrophe de Fukushima  pour déclarer que la France avait besoin de l'énergie nucléaire à long terme. (http://www.bfmtv.com/economie/france-a-besoin-lenergie-nucleaire-a-long-terme-batho-467578.html ).

Il nous faudra donc attendre un nouveau drame nucléaire pour voir modifié (peuT-être !) une politique qui conduit inéluctablement, demain ou dans  cinquante ans, à des désastres sans nom.

 http://www.liberation.fr/terre/2013/03/11/des-centaines-de-victimes-de-fukushima-attaquent-tepco-en-justice_887647

Des centaines de victimes de Fukushima attaquent Tepco en justice

Deux ans jour pour jour après la catastrophe nucléaire, environ 800 personnes ont joint leurs forces pour exiger de l'exploitant de la centrale qu'il accélère les travaux de décontamination.

Des centaines de victimes de l’accident nucléaire de Fukushima ont saisi la justice japonaise lundi pour exiger de Tepco, la société exploitante de la centrale gravement endommagée par le tsunami du 11 mars 2011, qu’elle accélère les travaux de décontamination.
Environ 800 personnes ont décidé de se joindre à cette action collective («class action») intentée le jour même du deuxième anniversaire du séisme et du tsunami géant qui ont ravagé le nord-est du Japon, et provoqué la pire crise nucléaire depuis celle de Tchernobyl en 1986.

Les plaignants ont demandé au tribunal du district de Fukushima de décider d’imposer à Tokyo Electric Power (Tepco) une astreinte de 50 000 yens (environ 400 euros) à verser par personne et par mois jusqu’à ce que la région affectée par les rejets radioactifs retrouve son état d’avant l’accident, ont indiqué leurs avocats. La plupart de plaignants sont de la région même de Fukushima, mais certains viennent des préfectures voisines.

«Par cette action, nous cherchons à obtenir le retour de la région à son état antérieur à la contamination par des éléments radioactifs, et nous demandons une compensation pour les souffrances psychologiques engendrées», indique le communiqué des défenseurs.
Moins d’une heure après le séisme de magnitude 9 qui, à 14h46 très précises (6h46, heure française), avait secoué le fond de l’océan Pacifique à quelques dizaines de kilomètres des côtes japonaises, une vague gigantesque s’abattait sur le littoral.
A la centrale nucléaire Fukushima Daiichi, les systèmes de refroidissement tombaient en panne sous le choc et les réacteurs chauffèrent jusqu’à entraîner un accident majeur, sans précédent depuis celui de Tchernobyl 25 ans plus tôt. L’accident de Fukushima a forcé des dizaines de milliers de personnes à évacuer la zone et à abandonner leurs maisons.
Les travaux de démantèlement de la centrale doivent prendre 30 à 40 ans et personne ne sait quand toutes les personnes déplacées pourront éventuellement revenir chez elles.

«Nous voulons mettre en évidence la responsabilité de Tepco, qui a causé cet accident, et celle du gouvernement qui n’a pas pris les mesures de sécurité suffisantes pour l’éviter», indiquent encore les avocats. «Nous voulons également pousser le gouvernement à modifier en profondeur sa politique pro-nucléaire et ainsi empêcher d’autres personnes de devenir des futures victimes», conclut le collectif.


 






vendredi 8 mars 2013


Communiqué de la Campagne internationale pour abolir l'arme nucléaire (ICAN)


Oslo, le 5 mar
s 2013


La conférence historique mondiale sur l'impact humanitaire des armes nucléaires prépare le terrain pour une nouvelle initiative vers un traité d'interdiction.

La Conférence historique d'Oslo sur l'impact humanitaire des armes nucléaires s'est conclue avec l'annonce d'une réunion de suivi qui sera accueillie par le Mexique. Un grand nombre d'États et d'organisations ont convenu que la compréhension des conséquences humanitaires globales des explosions nucléaires devrait être le point de départ d'une action urgente visant à interdire et éliminer les armes nucléaires.

Lors de la réunion organisée par le ministre norvégien des Affaires étrangères Espen Barth Eide, 132 États, plusieurs agences des Nations Unies - y compris OCHA, le PNUD et le HCR, ainsi que la Croix-Rouge internationale et ICAN - ont présenté leurs conclusions sur les conséquences catastrophiques d'une explosion nucléaire sur l'environnement, le développement, et sur la santé. Ils ont conclu qu'aucun plan d'intervention internationale ne pourrait effectivement être mis en place pour répondre à un tel événement. Les faits et les preuves données par de nombreux États les engagent à prendre la responsabilité d'agir pour empêcher toute utilisation accidentelle ou intentionnelle de ces armes de souffrance massive.

L'annonce faite par le Mexique de poursuivre l'initiative norvégienne en organisant une autre réunion offre une nouvelle plate-forme à partir de laquelle consolider les arguments humanitaires et engager tous les États dans un dialogue constructif visant à interdire et éliminer les armes nucléaires.

Le Dr Rebecca Johnson, Co-présidente d'ICAN a déclaré: "Cette conférence a montré que toute utilisation d'arme nucléaire causerait d'immenses souffrances, provoquerait un grave dérèglement climatique et la famine dans de nombreux pays non-nucléaires ainsi que dans les pays dotés d'armes nucléaires, aux quatre coins du globe. C'est la responsabilité et le droit de tous de prévenir cette catastrophe mondiale. Les Cinq puissances nucléaires ont raté ici une occasion de dialoguer, mais cela n'a pas empêché les pays d'avancer. Au contraire, la décision bienvenue du Mexique d'accueillir une réunion sur cette question montre que les pays exempts d'armes nucléaires ont un rôle important à jouer. "

Thomas Nash, membre du groupe de pilotage d'ICAN, a déclaré: «Cette conférence est un nouveau départ vers l'élimination des armes nucléaires. C'est la première fois que les Etats se sont réunis afin d'examiner les conséquences humanitaires des armes nucléaires. 130 pays ont choisi de faire face à l'horreur de ces armes et se sont rendu compte que loin d'être impuissants à agir, ils peuvent et doivent assumer la responsabilité de mettre en place un processus d'interdiction internationale. "

Pour le Dr Bob Mtonga, membre du Groupe directeur d'ICAN et médecin en Zambie: «Cette conférence nous a montré que les pays qui ont renoncé à l'arme nucléaire et conclu des traités pour créer des zones exemptes d'armes nucléaires comme l'Afrique et l'Amérique latine, offrent l'opportunité de prendre le leadership moral pour faire avancer les efforts internationaux visant à libérer le monde des armes nucléaires et à prévenir la catastrophe mondiale de leur utilisation. "