samedi 9 avril 2011

La fin d'un monde

Une enquête du journal Le Monde vient à point nommé :

Vivre et penser le temps des catastrophes

La tragédie japonaise semble avoir mis à mal un modèle de croissance tourné vers un développement effréné de la consommation. Peut-on prévoir les cataclysmes ? Comment vivre dans nos sociétés du risque ? Le cataclysme japonais nous amène à construire une autre manière de vivre ensemble, estime Marc Humbert, car le mythe du progrès et de la sécurité est en train de s'effondrer, précise Ulrich Beck. Et comme il s'agit d'une catastrophe de nature politique et civique, souligne Michel Drain Mothré, cela devient un problème démocratique, renchérissent Pierre Michel, Jean-Marie Nessi et Pierre Picard : l'humanité a donc droit à la vérité sur le nucléaire, martèlent Jean-Luc Benahmias, François de Rugy, Guy Hascoët, Yannick Jadot. Mais alors, comment n'ont-ils pas pu prévoir cette catastrophe ?, s'interroge Isabelle Stengers.

Le grand débat ne fait que s'ouvrir !

Stéphane Foucart, dans l'article Fukushima, un accident de civilisation, y apporte sa contribution et attire notre attention sur la fin d'un monde : "Dans la centrale japonaise, -écrit-il-, c'est la promesse de maîtrise du monde et de contrôle de la nature qui part en fumée." Son propos est d'autant plus acéré qu'il ne se situe pas dans une contestation a priori du progrès technique (comme l'indiquent les premiers paragraphes), mais la conclusion est définitive : "C'est toute la notion occidentale du progrès humain comme fonction linéaire du progrès technique que cette catastrophe nous invite à repenser". On en est loin, en France, pays le plus impliqué dans l'industrie nucléaire ! C'est pourtant, pour les années à venir, la première question philosophique et politique qu'il nous faudra nous poser et dont dépendent toutes les autres : sur quoi allons-nous fonder, dans le demi-siècle à venir, l'amélioration du sort de l'humanité en pleine croissance démographique ?

Fukushima, un accident de civilisation

Les médias en font-ils trop ? Ici ou là se lèvent quelques voix pour relativiser le désastre en cours dans la centrale de Fukushima 1. Certains rappellent quelques vérités de bon sens. D'abord, le nombre de décès directement imputables au dégagement de particules radioactives est, jusqu'à présent, nul. Quant aux dommages économiques, ils sont très limités - comparés à l'impact global du séisme et du tsunami du 11 mars -, même s'ils s'inscrivent dans la durée. Ensuite, force est de reconnaître que d'autres sources d'énergie sont bien plus dangereuses que l'atome.

Le charbon, par exemple. Plusieurs milliers de mineurs meurent chaque année dans les coups de grisou, sous les galeries effondrées ; les mines de houille à ciel ouvert ravagent les paysages, exproprient les paysans, étêtent les montagnes, consomment et détruisent les terres arables... Ce n'est bien sûr pas tout : une fois sorti de terre, le charbon aggrave le changement climatique en cours, dont l'inertie rendra irréversibles - aux échelles de temps humaines - les dégâts qu'il occasionnera sur l'ensemble de la biosphère et sur les sociétés... Pourtant, les voix sont rares qui demandent de "sortir du charbon", quand il n'est question que du désastre nucléaire japonais.

Malgré leur bon sens apparent, les tentatives d'objectiver la réelle portée de cette catastrophe sont hors de propos. Car ce qui se joue dans la centrale nippone n'est pas seulement un accident industriel de première grandeur. C'est, aussi, un accident de civilisation.

Depuis la fin du XIXe siècle, l'Occident s'est affirmé comme la civilisation techno-scientifique par excellence, proposant ou imposant au reste du monde un mode de développement fondé sur l'innovation technologique comme principal moteur de croissance économique. Parce que nous l'assimilons de manière univoque au progrès humain, le progrès technique prime sur toute autre considération - politique, sociale, morale -, exception faite, parfois, des situations dans lesquelles l'humain lui-même devient en quelque sorte un matériau expérimental (cellules souches, procréation assistée, etc.).

Cette prééminence de la techno-science repose sur un contrat tacite : la promesse de domination de la nature et de maîtrise du monde. Ce contrat tacite, passé entre les élites techno-scientifiques et la société, fonde, en somme, une large part de notre vision du monde et de l'avenir souhaitable. La place occupée par la question nucléaire dans la couverture médiatique du drame japonais ne tient pas à des données objectives ; elle tient à la rupture de cette promesse.

Car, dans les opinions occidentales, la technophobie, minoritaire mais émergente depuis quelques années, tient surtout à la crainte de voir cette promesse non tenue, à la crainte que les créations techno-scientifiques n'échappent à leurs maîtres.

De fait, le rejet de la techno-science apparaît surtout lorsqu'une technologie agit de manière invisible, qu'elle porte en elle le risque de devenir ubiquitaire et qu'elle semble pouvoir s'émanciper de son créateur ou échapper au contrôle du tout-venant. La technophobie récente concerne surtout l'ingénierie génétique et les nanotechnologies : ce sont, à chaque fois, les mêmes ressorts qui sont à l'oeuvre. Dans le cas des organismes génétiquement modifiés (OGM), par exemple, des constructions génétiques sont introduites dans la matière vivante : on redoute qu'elles se propagent de manière incontrôlable dans la nature, on craint une toxicité indécelable lors de leur introduction dans la chaîne alimentaire... On s'inquiète aussi d'une perte de contrôle des individus sur cette matière vivante modifiée, qui devient par la grâce des brevets la propriété de grands groupes industriels.

A Fukushima 1, que voit-on ? La matérialisation de toutes ces craintes, la preuve tangible qu'elles sont fondées : les événements échappent non seulement à la perception de tout un chacun, mais aussi au contrôle des élites techno-scientifiques. Dans le nord du Japon se compose le sidérant tableau d'une technologie qui menace l'intégrité de vastes régions par le biais de particules infimes et incontrôlables, émettrices de rayonnements toxiques et invisibles, dispersées au gré des masses d'air et des courants marins. Une technologie qui supplante son créateur jusqu'à lui interdire de venir l'observer. C'est un constat inouï : les maîtres de l'atome ignorent ce qui se déroule précisément dans les lieux-clés de la centrale - les réacteurs - puisque nul ne peut s'en approcher sans périr aussitôt.

Les coeurs des réacteurs, partiellement fondus, semblent avoir acquis une sorte de vie autonome. Les réactions de désintégration des radioéléments qui les constituent donnent à ces fauves de magma assez d'énergie pour se maintenir pendant plusieurs mois à plus de 2 000 0C, sans la moindre intervention extérieure. Un chercheur du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) parle de la nécessaire "reconquête" de ces réacteurs, qui se fera au terme d'une "guerre de tranchées". Les mots le disent : nous sommes entrés en conflit armé avec notre créature. Et la désespérante image des hélicoptères larguant de l'eau de mer sur les réacteurs bouillonnants résume à elle seule l'ampleur du désarroi des hommes dans cette bataille.

Dans la centrale japonaise, c'est la promesse de maîtrise du monde et de contrôle de la nature qui part en fumée. Un coup de grisou, un cyclone, un séisme, un accident industriel classique, font partie de l'aléa. Le désastre de Fukushima, lui, nous donne à voir, dans le pays le plus avancé en la matière, une technologie cessant d'être l'alliée inconditionnelle et servile de son créateur pour se rendre maître d'elle-même, lui devenir hostile et s'emparer d'un territoire d'où il sera durablement banni. C'est toute la notion occidentale du progrès humain comme fonction linéaire du progrès technique que cette catastrophe nous invite à repenser.

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/04/09/fukushima-un-accident-de-civilisation_1505311_3232.html


mardi 5 avril 2011

En finir avec Fessenheim, tout de suite...

Ils n'ont pas arrêté Fukushima,
arrêtons Fessenheim.

Le monde entier a vu exploser le bâtiment qui abrite le réacteur de Fukushima. Mis en service en 1970, c'est l'un des plus anciens au Japon. Il devait être fermé le mois dernier.

Mais, à la demande de l'opérateur Tepco, les autorités japonaises ont accordé un permis d'exploitation pour dix années de plus. On connait la suite : séisme de 8,9 sur l'échelle de Richter, arrêt automatique de la centrale, tsunami qui inonde les installations électriques de secours, échauffement puis fusion partielle du cœur : un scénario catastrophe qui a mis les "experts" en sûreté nucléaire en défaut.

En France, le réacteur le plus ancien est celui de Fessenheim.

Il a été construit à partir de 1970 en bordure du grand canal d'Alsace, entre Bâle et Strasbourg, dans une zone d'activité sismique. Il a été construit avec les normes anti-sismiques des années 60 qui sont très éloignées des normes actuelles.

En 2000, un rapport de l'Autorité de sûreté nucléaire indiquait que certaines fonctions de sauvegarde assurant le refroidissement du réacteur pourraient ne plus être assurées en cas de séisme. Malgré la vétusté des installations et les risques sismiques, EDF a demandé à prolonger l'exploitation de la centrale. Un grand nombre d'élus et de citoyens s'y opposent.

Le 9 mars dernier, le tribunal administratif de Strasbourg a débouté les élus qui demandaient la fermeture de Fessenheim pour cause de vétusté et de dangerosité. Aurait-il prononcé le même jugement aujourd'hui ?

C'est dans quelques semaines que l'Autorité de Sûreté Nucléaire doit rendre son avis autorisant ou non une prolongation de l'exploitation du réacteur n°1 de la centrale de Fessenheim pour dix ans supplémentaires.

Après la catastrophe de Fukushima, il n'est plus acceptable de mentir sur les dangers du nucléaire, en particulier dans les zones sismiques. L'accident de Fukushima démontre que, même dans un pays réputé pour son expertise en matière nucléaire, le risque zéro n'existe pas.

La ministre de l'écologie explique que la centrale de Fessenheim a été construite pour résister au risque sismique maximal constaté sur les 1000 dernières années, augmenté d'une marge de sécurité. C'est avec les mêmes arguments que les Japonais ont prolongé l'exploitation du réacteur de Fukushima. Le désastre japonais démontre qu'il n'est plus possible de raisonner ainsi. Voilà pourquoi les signataires demandent l'arrêt immédiat de la centrale de Fessenheim.

http://www.stopfessenheim.net/index

lundi 4 avril 2011

26 avril : anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl

Dessin de Plantu, Le Monde.

25 ans de mensonge de l’industrie nucléaire de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et des autorités.

En ce printemps 2011, alors que la catastrophe de Tchernobyl dure depuis 25 ans maintenant, un nouveau désastre nucléaire majeur est en cours au Japon.

Pour éviter un nouveau Tchernobyl, pour dire "Fukushima, plus jamais", faisons entendre notre voix. Mobilisons-nous ensemble pour sortir du nucléaire !

  • Organisez une soirée-débat ou venez assister à une de nos soirées-débats (conférence, diffusion de film, discussion...) et écouter les témoignages des travailleurs ou victimes du nucléaire et de porteurs d’alternatives concrètes.
  • Venez manifester votre refus du nucléaire devant l’installation nucléaire la plus proche de chez vous lors du week-end de Pâques (23, 24 et 25 avril) en participant aux actions organisées par les groupes du Réseau "Sortir du nucléaire". Déjà plusieurs actions devant 6 sites sont en cours d’organisation : Fessenheim, Cattenom, Golfech, Blayais, Cruas et Nogent.

Voir les 140 actions dans 16 pays :
http://www.chernobyl-day.org/spip.php?page=affichage-actions


jeudi 31 mars 2011

Tchernobyl n'aurait causé aucun cancer de la thyroïde en France !

Cachez ce nucléaire que je ne saurais voir mis en cause !

PARIS (AP) — La cour d'appel de Paris se prononcera le 7 septembre sur la demande de non-lieu dans l'enquête sur les éventuelles conséquences sanitaires du passage en France du nuage radioactif après la catastrophe de Tchernobyl en avril 1986.

L'unique personne mise en examen dans ce dossier, le Professeur Pierre Pellerin, avait sollicité, voici plusieurs mois, un non-lieu dans ce dossier instruit par la juge Marie-Odile Bertella-Geffroy.

L'audience, à huis-clos, a duré toute la journée de ce jeudi 31 mars 2011, devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris. Cette demande de non-lieu était soutenue par le ministère public.

Par ailleurs, le ministère public a demandé la clôture de l'enquête, ouverte en juillet 2001, affirmant que les expertises versées au dossier ne démontrent pas de lien entre la catastrophe de Tchernobyl et certaines pathologies, comme le cancer de la thyroïde.

Si cette audience devant la chambre de l'instruction était fixée de longue date, elle intervient dans un contexte marqué la grave crise nucléaire au Japon.

La position du parquet général "ne va pas être bien comprise" par les parties civiles, a déclaré dans l'après-midi, Me Bernard Fau, l'un des avocats des parties civiles. Il redoute un non lieu qui ne serait pas compris par l'opinion publique qui se trouve dans une "situation de défiance à l'égard de l'institution judiciaire".

Dans la matinée, une trentaine de personnes, membres de l'Association française des malades de la thyroïde (AFMT) ou de la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD) ont manifesté sur le pont au Change, les abords du palais de justice leur étant barrés par des gendarmes mobiles.

Vingt-cinq ans après, et dans un contexte assombri par l'accident nucléaire de Fukushima, la catastrophe de Tchernobyl refait surface. La cour d'appel de Paris a examiné ce jeudi l'intérêt de poursuivre l'enquête sur les conséquences sanitaires du nuage radioactif en France.

Une enquête ouverte en 2001
La juge Marie-Odile Bertella-Geffroy enquête depuis 2001 pour établir un lien entre les cancers de la thyroïde et le passage du nuage de Tchernobyl au dessus de la France en avril 1986 et démontrer que les mesures d'information et de précaution n'ont pas été prises.

Explosion de traitements thyroïdiens
"C'est une affaire du même type que le sang contaminé ou l'amiante", estime Chantal Lhoir, fondatrice de l'Association française des malades de la thyroïde (AFMT) pour qui le lien entre la catastrophe nucléaire et l'explosion de maladies thyroïdienne ne fait aucun doute. "La consommation de Levothyrox (traitement thyroïdien) a été multipliée par cinq depuis 1986. Des régions comme le Mercantour ou la Corse ont été plus touchés que d'autres, avec des populations qui mangeaient leurs produits, laitages, salades, légumes verts…"

Nell Gaudry, membre de l'AFMT atteinte d'un cancer papillaire en 2006 déplore la "désinformation" qui a prévalu à l'époque. "Si on nous avait dit de laver nos légumes ou nos fruits à l'eau savonneuse et de faire attention, nous n'aurions pas été contaminés."

Le Professeur Pèlerin en examen
L'AFMT et la Criirad (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité) ont d'abord déposé une plainte pour "coups et blessures ayant entraîné la mort", motif qui n'a pas été accepté par la justice. C'est pour "tromperie aggravée" que le professeur Pierre Pèlerin, qui était à l'époque à la tête du Service central de protection contre les rayons ionisants (SCPRI), l'équivalent de l'IRSN, a été mis en examen en 2006. Il est accusé de ne pas avoir empêché la commercialisation d'aliments irradiés.

"On refuse aux malades de s'appeler victimes"
Dix ans après le début de l'enquête, la justice veut mettre un terme à l'enquête. Le procureur a demandé à la juge de suspendre son investigation et a requis un non-lieu. "On refuse aux malades le droit de s'appeler victimes, déplore Roland Desbordes, président de la Criirad. S'il y a non-lieu, on mettra sur la place publique tous les documents protégés par le secret de l'instruction, qui sont accablants, et qui montrent la volonté de mensonge."



mardi 29 mars 2011

Le nuage de Tchernobyl cache encore la vérité à Paris !

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Tchernobyl : la cour d'appel examine un arrêt de l'enquête en France

PARIS - La cour d'Appel de Paris examinera, jeudi 31 mars, une possible clôture de l'enquête ouverte en 2001 sur l'impact du nuage de Tchernobyl en France depuis 1986, le parquet général estimant que les scientifiques n'ont pu mettre en évidence aucun conséquence sanitaire mesurable.

Ouverte en 2001 après une plainte de l'association française des malades de la thyroïde (AFMT) et de la Commission de recherche et d'information indépendante sur la radioactivité (Criirad), l'enquête de la juge Marie-Odile Bertella-Geffroy s'est concentrée sur la communication des données de radioactivité sur le territoire.

Une seule personne a été mise en examen, le Professeur Pierre Pellerin pour "tromperie aggravée" en 2006, l'ancien patron du Service central de protection contre les rayons ionisants (SCPRI) étant soupçonné d'avoir masqué l'ampleur de la radioactivité au passage du nuage de Tchernobyl en 1986.

Le SCPRI avait diffusé plusieurs communiqués rassurants, affirmant notamment que "l'élévation relative de la radioactivité" en France était "très largement inférieure aux limites réglementaires".

Les plaignants estiment qu'avec une telle communication, des aliments, interdits à la consommation dans des pays voisins, ont pu être vendus en France.

Cinq ans après sa mise en examen, le Pr Pellerin demande un non lieu.

Pour le parquet général, qui soutient cette demande, l'élément intentionnel nécessaire pour caractériser la tromperie n'existe pas, aucun élément du dossier ne venant établir que l'ancien chef de l'autorité de protection nucléaire a délibérément trompé les consommateurs.

Surtout, le ministère public requiert un non-lieu général et une clôture de l'enquête.

Selon lui, les analyses scientifiques au dossier s'accordent pour établir que la catastrophe nucléaire de 1986 n'a pas eu de conséquence sanitaire mesurable en France, en particulier aucun lien n'a été fait avec des maladies de la thyroïde.

S'appuyant sur ces conclusions et sur le fait que les investigations durent depuis 10 ans, il requiert la fin de l'enquête, ce qui fait bondir les parties civiles.

"Ce serait un bien mauvais signal émis par l'institution judiciaire à l'égard du corps social de dire que cette procédure doit s'interrompre prématurément", estime Me Bernard Fau, avocat de parties civiles.

Dans ce dossier, "il reste peu de choses à faire : l'achèvement d'une expertise en cours (ndlr: qui concerne des données épidémiologiques en Corse) et l'audition finale du Professeur Pellerin", a-t-il dit à l'AFP.

L'avocat conteste en outre l'analyse du Parquet.

Là où le Parquet raisonne par grandes zones à partir de moyennes nationales, "la juge d'instruction s'est attachée à effectuer au contraire une recherche au plus près du territoire, en considérant les petites zones les plus contaminées et non des moyennes générales", dit-il.

Elle a ainsi commandé, en 2005, une enquête sur 13 villages corses pour tenter d'établir un lien de causalité entre le passage du nuage et les maladies thyroïdiennes.

Me Fau s'inquiète également de la remise en cause de la qualification de "tromperie aggravée". "Si elle ne peut plus être retenue pour les affaires de santé publique, on se prive d'un instrument essentiel du droit pénal qui est le dernier rempart contre les déviances".

Co-président de l'AFMT et plaignante dans cette affaire, Chantal Garnier "demande toute la transparence" et se dit "révoltée" d'une éventuelle fin de l'enquête. L'AFMT appelle les plaignants à manifester jeudi matin devant le Palais de justice.

(©AFP / 29 mars 2011 05h28)

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Nous venons d’apprendre par divers journaux que le parquet a l’intention de requérir un non-lieu dans l'enquête sur le passage en France du nuage radioactif de Tchernobyl lors d'une audience de la cour d'appel de Paris le 31 mars. Cette consternante nouvelle arrive au moment même où nous attendons le nuage de Fukushima, en pleine catastrophe nucléaire.

« Cette attitude vise à étouffer l'instruction pénale portant sur la problématique majeure de la communication officielle en direction des populations, lors des catastrophes nucléaires, ce qui est absolument intolérable », a réagi Chantal Lhoir, co-présidente de l'Association française des malades de la thyroïde (AFMT), dans un communiqué.

L'association demande au garde des Sceaux Michel Mercier d'empêcher toute « entrave » au déroulement de l'instruction, particulièrement le non-lieu dans cette affaire. 


L’AFMT estime que le dossier de l’instruction a mis au jour des fautes au détriment de la protection des populations en ce qui concerne l’information sur l’air et l’alimentation. Elle estime que le Service Central de Protection contre les Radiations Ionisantes a trompé la population en diluant, retardant ou masquant les données, en acceptant que des aliments contaminés interdits à la consommation chez nos voisins étrangers soient revendus sur le territoire français avec des doses hors des normes admises par l’Organisation Mondiale pour la Santé.

Pour les co-présidentes de l’Association, Madame Chantal Lhoir et Madame Chantal Garnier, « c’est au moment où l’instruction pénale réunit les données épydémiologiques sur le développement du nombre des cancers chez personnes exposées aux retombées radioactives dans les zones de France les plus exposées, que l’on essaie d’enterrer le dossier. On a peur de savoir et surtout on a peur de devoir l’avouer ! »

Indignées par cette demande de non lieu du Procureur Général de Paris, les victimes françaises de Tchernobyl demandent que le Parquet, qui est l’autorité de poursuite en France, cesse de se manifester à contre emploi en demandant l’arrêt des poursuites et qu’il ait enfin une attitude conforme à son rôle institutionnel. La crédibilité de l’institution judiciaire auprès des citoyens qui est déjà très entamée, en dépendra. Elles ont appelé à la Mobilisation générale pour l’audience de la Cour d’appel du 31 mars 2011, à 9 h, devant le Palais de Justice de Paris. « L’audience de la Cour d’appel devant se tenir à huis clos, nous resterons tous sur le trottoir ! »

Le nuage de Tchernobyl n'a atteint personne ?

dimanche 27 mars 2011

Sortir du nucléaire : commencer tout de suite !

Les informations que nous recevons, via divers canaux, dont celui du Groupement de Scientifiques pour l'Information sur l'Energie Nucléaire, (GSIEN : http://resosol.org/contronucleaires/Nucleaire/index.html) nous laissent de plus en plus pessimistes quant à l'évolution possible sur le site de Fukushima.

Au delà des informations maintenant rendues publiques sur l'augmentation des taux d'iode 131, cesium 134 ..., il n'est plus exclu que des transuraniens, (Plutonium, Américanium, Uranium ...) des radio-éléments beaucoup plus dangereux, puissent être rejetés en grande quantité dans l'atmosphère (le réacteur 3 contenant du combustible Mox semblant être endommagé ainsi que l'enceinte de confinement).

De plus la détection de flux de neutrons à près de 2 km des réacteurs pourraient signifier que le réacteur présente des bouffées de criticité, d'où un risque explosif..., le tout dans un contexte d'opacité des autorités de sûreté nucléaires du Japon, mais aussi d'autres réseaux de surveillance de divers pays.

Plus que jamais, l'opinion publique doit se mobiliser.



"Le Japon, après l'Ukraine et les Etats-Unis, subit, au plus profond de sa chair, la folie nucléaire. Pour ne pas avoir cru, su ou voulu penser l’impensable, notre humanité est, une fois encore, confrontée à une catastrophe nucléaire.

Malgré ce constat sans appel, les responsables politiques français affirment, doctement, que l’option nucléaire ne peut être soumise à débat public ni à une validation démocratique au travers d’un référendum.

Alors que la plupart des pays européens réinterrogent, dans l’urgence, la pertinence de leur stratégie nucléaire, la France reste "droite dans ses bottes". Tout juste le chef de l’État consent-il à envisager, à long terme, un débat entre experts, au niveau européen…

Le peuple est, une nouvelle fois, écarté des grandes décisions qui le concernent. Nous n’acceptons plus la mainmise de l’oligarchie éco-prédatrice. Nous n’acceptons plus une technologie nucléaire dangereuse et anti-démocratique.

Nous réclamons un référendum pour sortir du nucléaire."



http://www.referendum-nucleaire.fr

lundi 21 mars 2011

Sortir du nucléaire militaire aussi....


Motion "campagne pour l'élimination des armes nucléaires"

adoptée par l'AG du Réseau Sortir du nucléaire

20 mars 2011

Présentée par Armes nucléaires STOP

Dans le contexte actuel de préparation d'élections en 2012 et d'une campagne du Réseau ciblant la sortie du nucléaire civil il est important de faire ressortir l'urgence de l'élimination des armes nucléaires.

Pour aller au-delà du lien évident entre nucléaire civil et nucléaire militaire, c'est à dire du problème de la prolifération, il y a nécessité d'alimenter le débat en profondeur sur l'impérieuse nécessité d'éliminer l'arme nucléaire et de repenser les moyens à mettre en œuvre pour assurer une véritable "sécurité".

Une campagne spécifique est importante dans la période actuelle en liaison avec les campagnes mondiales engagées dont celle d'Abolition 2000 dont le Réseau Sortir du nucléaire est membre.

Attendu que le collectif Armes nucléaires STOP dont le Réseau Sortir du nucléaire est membre propose une campagne visant à rendre incontournable un débat sur l'élimination des armes nucléaires, l'Assemblée générale du Réseau Sortir du nucléaire décide des points suivants :

1- la campagne du Réseau pour la sortie du nucléaire civil mentionnera la nécessité de l'élimination des armes nucléaires

2- le Réseau participera de façon active à la campagne proposée par Armes nucléaires STOP pour l'élimination des armes nucléaires en participant à l'élaboration et la diffusion des documents.

3- Le Réseau exprime son soutien aux objectifs proposés pour cette campagne spécifique:

- Que la France s’engage à l’ONU pour la Convention d’élimination des armes nucléaires

- Que la France applique immédiatement une première mesure de la Convention d’élimination (abandon de la Force nucléaire aéroportée)

- Qu’un débat citoyen soit organisé en France sur une nouvelle politique de sécurité sans armes nucléaires.