samedi 15 septembre 2012

Le Japon va sortir du nucléaire


Photo prise cette semaine dans une zone interdite près de Fukushima, où, 18 mois après la catastrophe, on cherche encore des corps. (AFP)
Dans une zone interdite, près de Fukushima, 18 mois après la catastrophe, on cherche encore des corps. (AFP)

La fin du nucléaire civil ne se décrète pas ; elle se prépare. C'est long et difficile. Le Japon s'y engage à son tour. C'est une décision considérable.

Dix-huit mois après l’accident de Fukushima, le Japon confirme qu’il veut sortir définitivement du nucléaire. Une décision attendue, mais historique. 

Le gouvernement japonais a annoncé vendredi l’arrêt progressif de la production nucléaire sur 30 ans, dix-huit mois après l’accident de Fukushima qui a provoqué une catastrophe sans précédent dans le monde depuis Tchernobyl il y a 25 ans.

Le Japon devient ainsi le troisième pays, après l’Allemagne et la Suisse, à faire part de son intention de stopper ses réacteurs depuis l’accident du 11 mars 2011 à Fukushima Daiichi (220 km au nord-est de Tokyo).

«Le gouvernement va instaurer toutes les mesures possibles pour amener la production nucléaire à zéro pendant les années 2030», a énoncé le gouvernement dans un document consacré au nouveau plan énergétique à établir pour tirer les conséquences de la catastrophe.

Il a édicté trois principes pour parvenir à cet objectif: ne plus construire de centrale nucléaire, arrêter les réacteurs existants après 40 ans d’activité et enfin n’accepter le redémarrage des tranches suspendues qu’après des examens de sécurité menés par une autorité ad hoc.

Avant l’accident, la production nucléaire représentait près de 30% de la consommation d’électricité et les autorités prévoyaient d’augmenter cette part à 53% d’ici à 2030.

Mais cette catastrophe qui a poussé une centaine de milliers d’habitants à fuir leur domicile, souvent sans perspective claire de retour, a complètement modifié la donne.

Le sentiment anti-nucléaire a fortement augmenté parmi la population et des manifestations sont régulièrement organisées contre l’exploitation de l’atome.

La production nucléaire a fortement baissé depuis l’accident et seuls 2 des 50 réacteurs sont actuellement en activité, dans le centre du Japon. Les 48 autres sont arrêtés, soit à cause d’un séisme soit en raison des mesures de sécurité supplémentaires exigées par les autorités après l’accident.

Mais les compagnies d’électricité, soutenues par une bonne partie des milieux d’affaires, réclament à cor et à cris de pouvoir redémarrer des tranches arrêtées.

Elles doivent en effet faire tourner leurs centrales thermiques à plein régime pour compenser le manque énergétique et doivent donc importer massivement des hydrocarbures, ce qui a plongé la balance commerciale dans le rouge.

Les autorités risquent donc de faire face à d’importantes oppositions avant de parvenir à l’objectif qu’elles viennent de fixer.

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/0b2dda06-fe46-11e1-b34c-0d2403d05a02/Le_Japon_annonce_sa_sortie_du_nucl%C3%A9aire_pour_les_ann%C3%A9es_2030

dimanche 9 septembre 2012

"Le nucléaire rend fou".



Jean-Jacques Delfour, professeur de philosophie, dans un article paru dans le Monde expose que le nucléaire nous rend fous. Il affirme, sans détour, que les ingénieurs nucléaires sont incompétents, quels que soient leur savoir et leur intelligence, dès lors qu'ils sont impuissants face à des situations "hors limites". Enfin, il estime que les effets à long terme des accidents déjà survenus restent mal connus. Ce texte polémique mérite d'être connu et discuté surtout après le propos péremptoire et irresponsable d'Arnaud Montebourg sur "le nucléaire énergie d'avenir".

La dangereuse imposture nucléaire


L'information commence à émerger : dans la centrale nucléaire de Fukushima, la piscine du réacteur 4, remplie de centaines de tonnes de combustible très radioactif, perchée à 30 mètres, au-dessus d'un bâtiment en ruine, munie d'un circuit de refroidissement de fortune, menace l'humanité d'une catastrophe pire encore que celle de Tchernobyl. Une catastrophe qui s'ajoute à celle de mars 2011 à Fukushima : 3 réacteurs percés qui déversent leur contenu mortel dans l'air, dans l'océan et dans la terre.

Les ingénieurs du nucléaire ne savent pas quoi faire face à tous ces problèmes. Ils ont déclamé que la sécurité, dans le nucléaire, était, est et sera totale, que, lorsqu'une catastrophe majeure a lieu, personne n'a de solution à proposer. Telle est l'effroyable vérité que révèle Fukushima. Tchernobyl avait été mis au compte de l'incompétence technique des Soviétiques. Impossible de resservir la même fable politique.

Si l'on fait usage de sa raison, il ne reste qu'une seule conclusion : l'incompétence des ingénieurs du nucléaire. En cas de panne du circuit de refroidissement, si l'échauffement du réacteur atteint un seuil de non-retour, il échappe au contrôle et devient un magma en fusion de radionucléides, de métal fondu et de béton désagrégé, très toxique et incontrôlable (le corium).

La vérité, posée par Three Miles Island, Tchernobyl et Fukushima, est que, une fois ce seuil franchi, les ingénieurs sont impuissants : ils n'ont pas de solution. Ils ont conçu et fabriqué une machine nucléaire mais ils ignorent quoi faire en cas d'accident grave, c'est-à-dire "hors limite". Ce sont des prétentieux ignorants : ils prétendent savoir alors qu'ils ne savent pas. Les pétroliers savent éteindre un puits de pétrole en feu, les mineurs savent chercher leurs collègues coincés dans un tunnel à des centaines de mètres sous terre, etc. Eux non, parce qu'ils ont décrété qu'il n'y aurait jamais d'accidents très graves.

Dans leur domaine, ils sont plus incompétents que les ouvriers d'un garage dans le leur. S'il faut changer le cylindre d'un moteur, les garagistes savent comment faire : la technologie existe. Si la cuve d'un réacteur nucléaire est percée et si le combustible déborde à l'extérieur, les "nucléaristes" ne savent pas ce qu'il faut faire. On objectera qu'une centrale nucléaire est plus complexe qu'une voiture. Certes, mais c'est aussi plus dangereux. Les ingénieurs du nucléaire devraient être au moins aussi compétents dans leur propre domaine que ceux qui s'occupent de la réparation des moteurs de voiture en panne : ce n'est pas le cas.

Le fait fondamental est là, affolant et incontestable : les radionucléides dépassent les capacités technoscientifiques des meilleurs ingénieurs du monde. Leur maîtrise est partielle et elle devient nulle en cas d'accident hors limite, là où on attendrait un surcroît de compétence : telle est la vérité, l'incontestable vérité. D'où l' aspect de devin à la boule de cristal des ingénieurs et des "spécialistes" du nucléaire. La contamination nucléaire ? Sans danger, affirment-ils, alors qu'ils n'en savent rien. L'état du réacteur détruit sous le sarcophage de Tchernobyl ? Stabilisé, clament-ils, alors qu'ils n'en savent rien. La pollution nucléaire dans l'océan Pacifique ? Diluée, soutiennent-ils, alors qu'ils n'en savent rien. Les réacteurs en ruine, percés, détruits, dégueulant le combustible dans le sous-sol de Fukushima ? Arrêtés à froid et sous contrôle, assurent-ils, alors qu'ils n'en savent rien.

Les effets des radionucléides disséminés dans l'environnement sur les générations humaines à venir ? Nuls, clament-ils, alors qu'ils n'en savent rien. L'état des régions interdites autour de Tchernobyl et Fukushima ? Sans nocivité pour la santé, aujourd'hui, comme pour des décennies, proclament-ils, alors qu'ils n'en savent rien. Pour qui les radiations sont-elles nocives ? Seulement pour les gens tristes, avancent-ils, alors qu'ils n'en savent rien. Ce sont des devins. L'art nucléaire est un art divinatoire. C'est-à-dire une tromperie.


Le nucléaire, qui s'annonçait comme la pointe avancée du savoir technoscientifique au point de se présenter comme une sorte de religion du savoir absolu, se révèle d'une faiblesse extrême non pas par la défaillance humaine mais par manque de savoir technoscientifique. Quelle que soit la cause contingente du dépassement du seuil de non-retour (attentat terroriste, inondation, séisme), l'incapacité de réparer et de contrôler la dissémination des radionucléides manifeste  un trou dans le savoir qui menace la certitude de soi de la modernité. Les modernes prétendaient avoir rompu avec les conduites magiques. Le nucléaire est l'expérience d'une brutale blessure narcissique dans l'armature de savoir dont s'entoure l'homme moderne ; une souffrance d'autant plus grande que c'est sa propre invention qui le place en situation de vulnérabilité maximale.

En effet, le refus de considérer la possibilité réelle d'un accident hors limite a pour conséquence la négligence pratique et l'indisponibilité de fait des moyens techniques appropriés à ces situations hors limite. Ces moyens n'existent pas ; et personne ne sait si l'on peut les fabriquer. Peut-être qu'un réacteur en "excursion" est incontrôlable ou irrécupérable.

Je ne le sais pas et aucun "nucléariste" ne le sait; mais il est sûr que personne ne le saura jamais si l'on n'essaye pas de fabriquer ces outils techniques. Or l'affirmation d'infaillibilité empêche leur conception. Sans doute, ouvrir ce chantier impliquerait d'avouer une dangerosité jusqu'ici tue et de programmer des surcoûts jusque-là évités. Ainsi, l'infaillibilité des papes du nucléaire a plusieurs avantages : endormir les consciences et accroître les profits, du moins tant que tout va bien ; l'inconvénient majeur est de nous exposer sans aucun recours à des risques extrêmes.


Tout savoir scientifique ou technique est, par définition, incomplet et susceptible de modification. Affirmer l'infaillibilité d'un savoir technoscientifique ou se comporter comme si cette infaillibilité était acquise, c'est ignorer la nature du savoir et confondre celui-ci avec une religion séculière qui bannit le doute et nie l'échec. D'où l'effet psychotique de leurs discours (infaillibles et certains) et de leurs pratiques (rafistolages et mensonges). Tout observateur est frappé par cette contradiction et plus encore par son déni. Chacun est sommé d'un côté de leur reconnaître une science et une technique consommées et de l'autre côté de se taire malgré le constat de leur échec. Bref, le nucléaire rend fou. Mais ce n'est qu'un aspect de notre condition nucléaire. 

Contaminés de tous les pays, unissez-vous !
http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/09/07/la-dangereuse-imposture-nucleaire_1757119_3232.html

mardi 28 août 2012

3ème journée internationale contre les essais nucléaires, le 29 août 2012

Communiqué de presse  -

Pour une prise en charge

des victimes des essais nucléaires

 



L’Assemblée Générale de l’ONU, au cours de sa 64ème session,
a proclamé le 29 août «Journée internationale contre les essais nucléaires »
afin de sensibiliser le public aux effets des explosions nucléaires
« et à la nécessité d’y mettre fin, en tant que moyen parmi d’autres de parvenir
à l’objectif d’un monde sans armes nucléaires » (résolution 63/45).

Depuis le 1er juillet 1945, date du premier essai atomique réalisé par les États-Unis
— suivi des tirs sur Hiroshima et Nagasaki les 6 et 9 août 1945 —
ce sont plus de 2 000 explosions nucléaires qui ont été effectuées dans le monde.

Ces explosions ont provoqué de graves conséquences sanitaires et environnementales
autour de tous les anciens sites d’essais de la planète. Les victimes — militaires
et civils employés pour les essais et peuples autochtones — ont de grandes difficultés
à faire reconnaître leurs droits à réparation.

La France a effectué 210 essais nucléaires, atmosphériques et souterrains,
du 13 février 1960 au 27 janvier 1996. Ces tests furent d’abord réalisés
en Algérie à Reggane et In Ekker de 1960 à 1966,
puis en Polynésie sur les atolls de Moruroa et Fangataufa de 1966 à 1996.

La situation demeure extrêmement préoccupante.
L’impact environnemental est sous-estimé.
Des centaines de tonnes de déchets radioactifs et de matériaux contaminés
ont été laissés sur les sites ; du plutonium et d’autres radionucléides
ont été dispersés sur des milliers de kilomètres.
En Polynésie, un effondrement de l’atoll de Moruroa
pourrait se produire, provoquant un tsunami menaçant les habitants
de l’atoll voisin de Tureia et une pollution radioactive
sans précédent du milieu océanique.

L’impact sanitaire est volontairement minimisé.
La France a enfin reconnu que ses essais nucléaires avaient fait des victimes,
mais celles-ci voient toujours leurs droits déniés.
La « loi Morin » de 2010 a confié au ministère de la Défense
le pouvoir de reconnaître et d’indemniser les victimes.
Cette loi, même modifiée par le récent décret de mai 2012,
impose des conditions très restrictives pour la reconnaissance
des droits des victimes.
À ce jour, seules 5 d’entre elles ont pu bénéficier d'une indemnisation.
Les archives des essais nucléaires restent inaccessibles
aux associations de victimes, à leurs avocats et aux experts indépendants.

En août 2011, face à l’indifférence des puissances nucléaires,
de nombreuses associations en France, en Algérie, au Japon, en Polynésie,
soutenues par les autorités des Églises de tous les États insulaires du Pacifique,
ont lancé un appel aux Nations Unies.
Elles demandent une réelle prise en charge des victimes d’essais nucléaires
 dans le monde et la programmation d’une décennie (2012-2021)
pour le nettoyage, la réhabilitation
et le développement soutenable des régions contaminées
(http://appelinternationalessaisnucleaires.org).

À l'occasion de cette 3e Journée internationale contre les essais nucléaires,
 nous renouvelons cet appel et demandons 
aux parlementaires et au gouvernement français 
d'œuvrer sans attendre pour une véritable réparation 
des conséquences sanitaires et environnementales.


Contacts presse :

Bruno Barillot, Moruroa e tatou

Patrice Bouveret, Observatoire des armements
06 30 55 07 09 - patricebouveret@obsarm.org

Dominique Lalanne, Armes Nucléaires Stop
06 32 71 69 90 - do.lalanne@wanadoo.fr

Sophie Morel, Réseau "Sortir du nucléaire"

Chargée de communication :
Charlotte Mijeon - 06 64 66 0123

Lien vers notre site : http://groupes.sortirdunucleaire.org/journee-contre-les-essais
Suivez-nous sur twitter : @sdnfr

lundi 18 juin 2012

Des antinucléaires passent à l'ATTAC.

Après le sommet de l'OTAN à Chicago, voici des éléments pour un forum antinucléaire.
ATTAC constate :

- la question du retrait des armes nucléaires de l'OTAN en Europe est ouverte (il n'y a pas eu de veto français, comme l'an dernier, sur cette question) : or la quasi-totalité des pays qui les hébergent souhaitent leur retrait.
- bouclier antimissiles : il est maintenu dans les projets en précisant qu'il "ne remet pas en cause la dissuasion française". Son financement n'est pas abordé dans le texte de la résolution, or François Hollande a déclaré refuser de payer la part française de 2,7 Md €, l'Italie n'a plus les moyens de payer sa part... Le but des USA était de réaliser avec son industrie ce bouclier en la faisant payer par les européens, et on peut se poser des questions sur son devenir si le financement manque à l'appel.
- la dissuasion britannique risque de disparaître (dead line pour le renouvellement en 2015) pour des raisons budgétaires. A cet égard, la remise en cause de l'accord de modernisation franco-britannique - qui devait lui servir de planche de salut - serait essentiel.
- anciens sous-marins nucléaires français : 4 sont remisés dans l'arsenal de Cherbourg, immergés (l'eau étant une bonne barrière de radioactivité) donc en train de rouiller, avec les réacteurs nucléaires, voire les missiles : la déconstruction est chère, on pourrait aussi les couler, comme en Russie... : à eux seuls ils représenteraient de 3 à 4 fois les déchets nucléaires stockés à la Hague + Flammanville. Voir "les déchets nucléaires, un conte de Noël" : http://amfpgn.org/site/category/dechets-nucleaires/
- question de l'uranium appauvri, utilisé massivement par l'OTAN pour sa dureté dans les armes du champ de bataille dans les Balkans (mais pas à Gaza, contrairement à ce qui a été dit par certains) : il est maintenant remplacé par du tungstène, suite au moratoire voté par le parlement européen. (voir le livre sur le sujet de Xavier Frison).
- des essais de missiles thermo-luminescents avec 2,7 g de thorium par missile (métal fluorescent, comme le radium, l'intérêt était un meilleur repérage de la trajectoire du missile) avaient été menés en Sardaigne par la société DMA de Bourges, des moutons avec malformations graves ont été constatés ainsi que des maladies dans les environs. 2000 exemplaires ont été tirés pour les essais, et il n'y a pas de fabrication de ce matériel, abandonné.
- pour nous une échéance : le renouvellement du livre blanc sur la défense en décembre prochain.

Et ATTAC  propose : tels sont les points points pouvant être inclus dans un forum :

  • la dissuasion française et la question de la validité de la dissuasion nucléaire aujourd'hui
  • la reconversion des industries d'armement
  • l'accord de modernisation nucléaire militaire franco-britannique
  • les armes nucléaires de l'OTAN en Europe
  • le bouclier antimissiles
  • les résultats de la dualité des programmes nucléaires (civil/militaire), le nucléaire civil et comment en sortir (programmes massifs d'économies d'énergie ou champs d'éoliennes et de capteurs solaires, qui reproduisent le modèle énergétique centralisé ?)
  • les ravages de l'uranium appauvri dans les guerres de l'OTAN
  • la lutte pour le désarmement nucléaire, la convention internationale d'abolition des armes nucléaires, la question du TNP, etc...                                                                                                                                                                                                                                                             

vendredi 25 mai 2012

Lettre aux candidats pour les législatives de juin 2012

... proposée par le Réseau sortir du nucléaire

Voter pour un candidat favorable au nucléaire ? Non !

Madame, Monsieur,

Vous êtes candidat(e) aux élections législatives dans la circonscription de …

Si vous êtes élu (e ), vous serez amené (e ) à participer à l’élaboration des lois concernant la politique énergétique française, en particulier dans le cadre du grand débat sur l’énergie qui doit commencer à l’automne prochain. À ce titre, je tiens à vous faire part de mes préoccupations :

- Jamais les Français n’ont eu la possibilité de participer à la définition des politiques énergétiques, alors qu’ils doivent en supporter les coûts et les risques. Plus de 70 % des Français souhaitent en finir avec le nucléaire, mais leurs voix ne sont pas prises en compte. Si vous êtes élu (e ), j’attends de vous que vous introduisiez une vraie démocratie en ce domaine, afin que les citoyens comme les collectivités puissent reprendre en main cet enjeu crucial.

  • De manière générale, les programmes de soutien aux économies d’énergies, à l’efficacité énergétique et aux énergies renouvelables sont sous-développés au profit du nucléaire. La France continue de parier sur des options aussi hypothétiques que dangereuses et coûteuses, comme ITER et les réacteurs dits de quatrième génération, alors que les vraies solutions à la pénurie d’énergie et au changement climatique existent et n’attendent que d’être développées. Nous avons un retard important par rapport à nos voisins européens en matière d’efficacité énergétique, de construction bioclimatique, de développement de l’éolien, du solaire, de la biomasse... Si vous êtes élu (e ), j’attends de vous que vous proposiez une vraie loi de transition énergétique, qui permette la sortie du nucléaire (avec la mise au point d’un scénario et l’adoption d’un calendrier). J’attends également de vous un soutien massif aux véritables alternatives énergétiques et un engagement net pour les économies d’énergies, qui se traduise par exemple par la proposition d’un vaste plan de rénovation des logements et du bannissement du chauffage électrique.

  • Le parc nucléaire français vieillit. Ce vieillissement rendra incontournables des travaux dont les coûts risquent de devenir vertigineux. Surtout, il accroîtra les risques : selon l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire, des ruptures brutales de cuves de réacteurs sont à prévoir passé 35 ans de fonctionnement. Si vous êtes élus, je vous demande de plaider en faveur d’une mise à l’arrêt des centrales dans leur limite de 30 ans de fonctionnement, afin de protéger les citoyens et l’environnement contre un risque d’accident, qui « n’est pas improbable » selon les propres déclarations de l’Autorité de Sûreté Nucléaire. J’attire votre attention sur le fait que la responsabilité des élus pourra être engagée en cas d’accident.

  • Également très préoccupé (e) par les coûts croissants du chantier EPR et les nombreux défauts de sécurité de ce réacteur qui ont été portés à ma connaissance, j’attends de vous que vous mettiez fin à cette impasse.

  • Les pouvoirs publics n’ont cessé d’encourager jusqu’à maintenant l’exportation de la technologie nucléaire à l’étranger : un réacteur EPR est ainsi en construction en Finlande, deux en Chine. Six autres sont en projet en Inde, et il serait question de vendre des réacteurs nucléaires à la Grande-Bretagne. Il me semble immoral d’exporter une technologie aussi dangereuse, d’autant plus que les populations locales y sont souvent opposées. Par ailleurs, ces ventes peuvent se traduire par des chantiers catastrophiques, dont les coûts sont assumés par les contribuables français. J’attends de vous que vous mettiez fin à ces exportations.

  • En 2013, doit commencer le débat public sur l’enfouissement de déchets radioactifs à Bure (Lorraine). Cette option ne résout en rien le problème des déchets, et risque à moyen terme de contaminer les nappes phréatiques. J’attends de vous que vous vous opposiez au choix de l’enfouissement des déchets.

  • 22 réacteurs français utilisent le combustible MOX. Ce mélange d’uranium et de plutonium est particulièrement dangereux. Par ailleurs, le « retraitement » à l’usine de La Hague des éléments de combustible usé nécessaires à sa fabrication entraîne une considérable pollution radioactive et chimique des eaux marines. J’attends de vous que vous plaidiez pour l’abandon de ce combustible, qui n’aurait aucune incidence sur la production d’électricité et contribuerait grandement à la diminution des nuisances.

Enfin, j’attire votre attention sur la « force de frappe » que la France maintient en violation flagrante de l’article 6 du Traité de Non Prolifération. Conçue pour exterminer des populations civiles, l’arme nucléaire est immorale et illégale. Inutile pour nous protéger des menaces actuelles, elle accroît l’insécurité mondiale. Comme sous la guerre froide, nous vivons avec la menace permanente de missiles nucléaires « en alerte », dont le lancement peut être déclenché d’un moment à l’autre y compris en cas d’erreur. En période d’austérité économique, il est indécent de dépenser des milliards d’euros pour moderniser l’arsenal nucléaire. La nécessité d’une convention internationale d’élimination des armes nucléaires a été votée a l’assemblée générale de l’ONU par les ¾ des Etats. La France a voté contre alors que 81% des Français souhaitent le désarmement nucléaire. J’attends donc de vous que vous vous engagiez résolument et concrètement pour le désarmement nucléaire, à l’instar des élus français membres des organisations «  Parlementaires pour la Non-Prolifération Nucléaire et le Désarmement » et « Maires pour la Paix ».

Si vous souhaitez approfondir ces informations, je ne saurais trop vous recommander de consulter le site du Réseau Sortir du Nucléaire (www.sortirdunucleaire.fr), qui vous garantit une information libre et indépendante.

En espérant une réponse de votre part, je vous remercie par avance pour toute l’attention que vous voudrez bien accorder à mes sollicitations., je vous prie de recevoir, Madame/Monsieur, mes salutations citoyennes.


samedi 19 mai 2012

Pour une seule lutte antinucléaire.

 

Jacques Fath, responsable du secteur relations internationales du PCF, publie, dans le numéro de mars 2012 de La Revue du Projet, un article que reprend Médiapart, le 18 mai 2012. " Comment une France de gauche peut-elle agir pour le désarmement " demande-t-il ?

Si c'est ainsi que s'ouvre le débat sur la fin du nucléaire militaire : c'est raté ! On trouve, en effet sous la plume de ce responsable du Front de gauche, membre du Parti communiste, deux affirmations parfaitement contradictoires.

On lit d'abord :  "On ne peut sérieusement penser les conditions de la sécurité internationale et le besoin de paix sans poser la question du désarmement  pour tous les types d'armes. Cette approche signifie aussi un changement de paradigme. La sécurité par la puissance et par la dissuasion... Cela reste une politique de force". Et puis ensuite : " Il n'est pas question de désarmer unilatéralement, ce qui n'aurait guère de sens dans le monde actuel et pourrait même se révéler dangereux."

Ne pouvant passer pour un adepte du seul désarmement nucléaire unilatéral de la France, il m'est aisé de dénoncer ce refus du désarmement nucléaire unilatéral de la France et ce retour à une conception étatiste et nationaliste de la défense. Jacques Fath ne va-t-il pas jusqu'à terminer son article par le paragraphe suivant :  " Les activités de défense-sécurité comme les industries d'armement doivent relever de la souveraineté nationale et du domaine public, par la nationalisation lorsque c'est nécessaire. Elles doivent produire ce qui est utile à une défense nationale qui s'inscrive dans la nouvelle politique. L'importance relative de ces industries doit diminuer réellement au fur et à mesure des progrès du désarmement. L'emploi peut être conservé et développé dans des processus de reconversion et dans une économie de croissance. Le désarmement est possible dans une véritable alternative politique en France. " Autrement dit, si la croissance l'exige, on continuera, en France, de produire des armes dont on espère seulement qu'elles diminueront "au fur et à mesure des progrès du désarmement ".

Où est le changement de paradigme ? Si c'est là le tout de "l'action de la France de gauche", c'est un peu maigrelet ! Cette modeste contribution à un moins de dépenses et de production d'armes de mort est tout à fait conforme à la politique sans ambition que n'a cessé de développer le PCF dans ce domaine, sans doute pour avoir encore, en lui, les traces des éléments de doctrine qui datent du temps de la guerre froide et de son soutien à l'URSS !

Je soutiens, au contraire, que le changement de paradigme consisterait à avoir deux fers au feu : la proposition de mise en œuvre effective d'une convention internationale pour le désarmement nucléaire en s'appuyant sur le refus massif de la plupart des États de l'ONU, d'une part, et l'engagement de la France, unilatéralement, dans des processus d'abandon définitif de la dissuasion nucléaire, laquelle ne protège plus personne, d'autre part.


Qu'est-ce qu'une politique qui recommande aux autres États de faire ce que soit même on ne veut ni envisager ni engager ? On voit ce qu'il en est pour tenter d'interdire à l'Iran de se doter d'un armement nucléaire : pour l'empêcher de disposer de "la" Bombe, certains États sont prêts à... le bombarder. Sortir de cette logique infernale qui peut emporter l'humanité dans un drame indescriptible est une priorité absolue, comme l'a démontré, récemment, Günter Grass.

Les acteurs des luttes antinucléaires, au lieu de se disqualifier les uns les autres, feraient mieux de se reconnaître comme engagés ensemble dans une action complexe, de longue durée, où les fins et les moyens ont à être examinées simultanément.

Que ceux qui estiment que toute citoyenneté qui se respecte commence par elle-même continuent d'exiger que la France donne l'exemple et commence la première, comme peuvent le faire, dans leur île, les Britanniques qui, eux aussi, ont à sortir toute l'Europe de ce péril continental, dès lors que les armements nucléaires ne peuvent plus qu'attirer le terrorisme.

Que ceux qui veulent une négociation internationale, efficace et exigeante, qui conduise à l'abandon généralisé d'armements dont la prolifération ne peut conduire, tôt ou tard, qu'à un conflit sans précédent et d'une horreur sans égale, ne renoncent pas, sous prétexte que, jusqu'alors, l'impuissance et la médiocrité l'ont emporté dans toutes les conférences internationales !

Au moment où la France change de majorité, sans rien attendre d'un gouvernement enfermé dans des logiques militaires à peine entamées par le temps et l'histoire, les citoyens ont à crier leur volonté de "sauver leur peau" et celle de tous leurs frères en humanité ! Oui, il est question de désarmer unilatéralement, comme il est question de désarmer planétairement.  Le monde ne bougera pas sans la France. La France ne fera pas seule bouger le monde.


Jean-Pierre Dacheux


vendredi 11 mai 2012

Günter Grass, Israël, et la menace nucléaire

Ci-dessous, des extraits de l'article paru dans Le Monde, et d'où il ressort :
1 - Que les violentes critiques de Günter Grass ont été orchestrées.
2 - Que Günter Grass (84 ans) en a été très affecté.
3 - Que les critiques ont reculé devant les soutiens populaires en Allemagne.
4 - Que l'accusation d'antisémitisme de Günter Grass n'a pas tenu.
5 - Que la solidarité militaire de l'Allemagne avec Israël est avérée.
6 - Que la menace de guerre soulignée par Günter Grass est prise au sérieux.




Günter Grass et la question qui fâche.

" Il y a un mois, le 4 avril, l'écrivain Günter Grass publiait dans la Süddeutsche Zeitung un poème traduit dans Le Monde du 10 avril dans lequel le Prix Nobel de littérature critiquait l'attitude d'Israël Ce pays menacerait l'Iran de frappes préventives - mais aussi la paix mondiale. /.../

Cette prise de position provoque des réactions violentes, tant en Israël qu'en Allemagne. Même si certaines voix s'élèvent contre la décision d'Israël d'interdire à l'écrivain d'entrer sur son territoire, celui-ci fait, dans un premier temps, l'unanimité contre lui. Ancien membre des Waffen SS, l'écrivain révélerait ce qu'il n'aurait finalement jamais cessé d'être : un antisémite.

Puis le vent tourne. Lors des "marches pour la paix" qui ont lieu en Allemagne le week-end pascal, de nombreux manifestants apportent leur soutien à l'écrivain. Entre-temps, celui-ci reconnaît qu'il n'aurait pas dû critiquer Israël mais son gouvernement. Même s'il n'a jamais dédaigné la polémique, reste combatif et déclare qu'à part l'Allemagne de l'Est aucun pays ne lui a jamais interdit l'entrée sur son territoire, cet homme de 84 ans accuse le coup et est admis quelques jours dans un hôpital d'Hambourg.  /.../

Dans son numéro du 12 avril, Die Zeit pose la question en "une" : "Israël veut-il vraiment la guerre ?" A cette occasion, l'hebdomadaire revient sur une partie du texte de Grass peu commentée : le soutien de l'Allemagne à Israël. De par l'histoire, les deux pays entretiennent une relation particulière. S'il est un sujet qu'Angela Merkel aborde rarement sans émotion, c'est celui-là. Dans un discours prononcé au Parlement israélien, le 18 mars 2008, la chancelière va très loin : "La sécurité d'Israël fait partie de la raison d'Etat de mon pays." Qui attaque Israël attaque l'Allemagne. Cela signifie-t-il que l'Allemagne pourrait se  retrpuver entraînée dans une guerre par Israël ? "Günter Grass a mis la question sur la table comme un enfant mal élevé qui dit ce que les adultes s'interdisent d'exprimerau cours d'un repas de famille", résume Die Zeit. "

Texte signé par Frédéric Lemaître.