samedi 26 octobre 2013

Nucléaire ou démocratie : choisissons !

Peter Bradford 

http://groupes.sortirdunucleaire.org/Nucleaire-la-renaissance-a-l?origine_sujet=LI201310

Le huitième Rapport sur l’état de l’industrie nucléaire dans le monde (World Nuclear Industry Status Report ou WNISR) est paru en juillet dernier. Au fil des années, cette publication élaborée par des experts indépendants a acquis une vaste audience internationale. Ses chiffres et analyses sont désormais repris par de nombreux médias dans le monde.

Le rapport s’ouvre sur une préface de Peter Bradford, un ancien commissaire de la Nuclear Regulatory Commission (NRC), l’autorité de sûreté nucléaire des États-Unis. Son constat est sévère. « L’énergie nucléaire exige la soumission, pas la transparence », écrit-il en introduction. « Pour différentes raisons, dans de nombreux pays, l’industrie nucléaire ne peut pas dire la vérité sur ses avancées, ses perspectives ou ses périls. […] L’importance cruciale du World Nuclear Industry Status Report réside dans l’étonnante persistance de cette attirance mondiale pour les promesses trompeuses du nucléaire. »

On ne saurait trop recommander à celles et ceux qui comprennent l’anglais de se reporter au rapport intégral, qui condense, en quelque 140 pages, une mine d’analyse et de chiffres sur la situation de l’industrie nucléaire dans le monde et les différents pays, les aspects économiques et financiers de cette industrie, un bilan provisoire sur Fukushima et un point sur l’évolution des renouvelables.

Le collectif avait déjà organisé une action en mars dernier au rond-point du Tricastin.
 Manifestation devant le Tricastin
Le nucléaire recule. Lentement. Le choix entre ce qu'il a rapporté et ce qu'il coûte désormais, tarde à se faire. Les risques pour les assurances sont en cours de mesure mais non publiés. Le vieillissement des centrales augmente les craintes. La fin du nucléaire est annoncée mais reste lointaine compte tenu de l'entêtement des États et des entreprises qui en dépendent encore, dont la France. Sans une inversion des opinions, à quoi travaille Sortir du nucléaire, il faudra attendre... le prochain accident majeur, de toute façon statistiquement inéluctable !

dimanche 22 septembre 2013

L'accident fatal est possible

Le quatrième des trois dispositifs de sécurité ayant fonctionné les deux bombes atomiques tombées du B52, en 1961, n'ont pas explosé. Voila qui est rassurant ! La réalité est plus tragique : les armes portées pouvaient échapper aux meilleurs contrôles. Et maintenant ? Sommes-nous à l'abri d'un accident ? Qui peut le dire ? Les discours rassurants ne convainquent guère. Bref, la sécurité la meilleure serait d'éliminer toutes les armes nucléaires. Impossible ? Impensable ? Alors continuons de jouer l'avenir de la planète à pile ou face.


Par Yona HELAOUA (http://www.france24.com/fr/20130921-etats-unis-1961-bombe-nucleaire)
Et si New York et Washington avaient été rayés de la carte ? D’après les révélations exclusives du "Guardian" vendredi 20 septembre, une bombe à hydrogène (bombe H), 260 fois plus puissante que celle qui a touché Hiroshima en 1945, a bien failli exploser à Goldsboro, en Caroline du Nord, le 23 janvier 1961 – soit trois jours après le discours inaugural du président John F. Kennedy.

Le "Guardian" s’appuie sur un document secret de l’armée de l’air américaine, obtenu par le journaliste d’investigation Eric Schlosser, en vertu de la loi sur la liberté d’information. D’après ce document, rédigé le 22 octobre 1969, soit huit ans après les faits, un bombardier de l’US Air Force, transportant deux bombes H de type Mark 39 et qui survolait la côte Est, est tombé en panne en plein vol. Alors qu’il piquait du nez, l’avion a laissé échapper ses deux bombes au-dessus de Goldsboro.

Un petit interrupteur pour éviter une énorme catastrophe
L’une d’entre elles est tombée dans un pré, tandis que l’autre a terminé sa course dans les branches d’un arbre, son parachute déployé et ses mécanismes de sécurité désactivés. Seul un petit interrupteur à faible voltage a permis d’éviter la catastrophe. Si la bombe avait explosé, les villes de Washington, Baltimore, Philadelphie et de New York auraient pu être touchées par le champignon atomique, avec des millions de vie en jeu.

Le rapport, écrit par un ingénieur chargé de contrôler les mécanismes de sécurité des bombes, est intitulé "Goldsboro revisité, ou comment j’ai appris à me méfier de la bombe H". Ce titre est une référence au film de Stanley Kubrick, "Docteur Folamour", dont le titre en anglais est plus long : "Dr Strangelove or: How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb" ("Docteur Folamour ou comment j’ai appris à arrêter de m’inquiéter et à aimer la bombe").

Le gouvernement muet
Si le pire a été évité, ce n’était apparemment ni la première ni la dernière fois qu’un tel accident se produisait. Selon le journaliste Eric Schlosser, auteur d’un ouvrage sur l’arme nucléaire, au moins 700 accidents ou incidents mettant en cause 1 250 armes nucléaires auraient été enregistrés entre 1950 et 1968. "Le gouvernement américain a constamment essayé de cacher ces informations à la population pour éviter que cela ne soulève des questions sur sa politique nucléaire, estime le journaliste. On nous a affirmé qu’il était impossible que ces armes se déclenchent par accident, alors que cette bombe-là a bien failli exploser."


 

samedi 21 septembre 2013

L'avancée ambiguë du Vatican

mgr_mamberti 
  Mgr Mamberti.

Appel lancé par Dominique Mamberti, secrétaire du Vatican pour les rapports avec les États,  lors de la Conférence générale de l’ (Agence international de l’énergie atomique) à Vienne.

Il est temps de « détourner le matériel nucléaire destiné à des fins militaires vers des activités pacifiques ». a également exprimé sa préoccupation concernant la situation au Moyen-Orient et a encouragé les négociations sur le programme nucléaire de l’Iran. Le Saint-Siège, a-t-il dit, « est fermement convaincu que les difficultés actuelles peuvent et doivent être surmontées par la voie diplomatique, en utilisant tous les moyens mis à disposition de la diplomatie » et en dépassant les obstacles qui « empêchent la confiance réciproque ».

Mgr Mamberti affirme que « la sécurité mondiale ne doit pas s’en remettre aux armes nucléaires » et il rappelle que « nous avons besoin d’une adhésion universelle et inconditionnelle et de la réalisation du Traité de non-prolifération ».

Pour le secrétaire du Vatican pour les rapports avec les États, la communauté internationale doit « donner un nouvel élan au processus de désarmement nucléaire, y compris un véritable progrès dans le démantèlement des armes nucléaires ». Et il réaffirme que désarmement et non-prolifération sont « également fondamentaux d’un point de vue humanitaire ».
 
Mgr Mamberti a donc exprimé la « profonde préoccupation du Saint-Siège vis-à-vis des récents événements tragiques au Moyen-Orient ». Le Saint-Siège réaffirme « son ferme soutien aux efforts visant à établir une zone medio-orientale libérée des armes nucléaires et de toutes les armes de destruction massive ». Les zones libérées des armes nucléaires, a-t-il constaté, sont le meilleur exemple de confiance et de sécurité et l’affirmation que la paix et la sécurité sont possibles sans la possession d’armes nucléaires. Mgr Mamberti a enfin mis l’accent sur «les développements dans les négociations sur le programme nucléaire de l’Iran ». 

Dans son discours, il n’a pas non plus manqué de s’attarder sur l’énergie nucléaire, qui, a-t-il dit, doit être «utilisée de manière non seulement pacifique, mais aussi sûre».


On ne peut que se réjouir de cet prise de position du porte-parole du Vatican en faveur «d’une adhésion universelle et inconditionnelle et de la réalisation du Traité de non-prolifération ». Par contre, il faut bien constater qu'en appeler à « détourner le matériel nucléaire destiné à des fins militaires vers des activités pacifiques » donne à penser que le nucléaire civil est légitimé (ce qui ne peut que réjouir l'AIEA), malgré  la nuance  supplémentaire : l’énergie nucléaire doit être «utilisée de manière non seulement pacifique, mais aussi sûre».

 AIEA

lundi 26 août 2013

Corinne Lepage, qui n'est ni une extrémiste ni une Cassandre, nous interroge : et si 2025, (date à laquelle François Hollande demande à ses ministres quel sera, alors, l'État de la France), marquait  l'étape principale de la fin du nucléaire ou... de la France !





Aux victimes de Tchernobyl, aux victimes de Fukushima, aux voisins des centrales nucléaires, aux salariés qui travaillent dans le nucléaire, aux magnifiques services de secours qui seraient les premiers à affronter une catastrophe. En souhaitant que cela n'arrive jamais.
 
L'exercice commandé par le Président de la République à ses ministres est plus que salutaire car il consiste à fixer un objectif pour se donner les moyens de l'atteindre. On peut donc se gausser effectivement de la faiblesse des moyens évoqués en face d'objectifs alléchants mais il n'en demeure pas moins que l'absence de stratégie dont souffre la France est largement due à la disparition du Plan et au manque de visibilité à moyen terme et à long terme.
 
Ceci étant, des événements majeurs internes et externes peuvent se produire qui, bien évidemment, modifient considérablement une trajectoire prédéfinie. Parmi eux, un accident nucléaire majeur en France peut se produire et plus précisément encore cet accident nucléaire pourrait bien affecter la centrale de Fessenheim. En effet, en faisant le choix non discuté de poursuivre au-delà de 30 voire 40 ans jusqu'à 60 ans la durée de vie des centrales nucléaires, EDF et son contrôleur l'ASN, auxquels se remet aveuglement l'État (si tant est que l'on puisse séparer l'un de l'autre), prennent un risque délibéré et important. Déjà, l'institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), dans la copie qu'il a remis lors du débat national sur la transition énergétique insiste sur le fait qu'à 35 ans, les risques de rupture brutale à Saint-Laurent, Dampierre, Cruas, Chinon même en cas de situation incidentelle et accidentelle n'étaient pas à exclure. Il rajoute que les marges de rupture sont également insuffisantes à Bugey. De plus, comme l'explique Benjamin Dessus dans la note remise lors du débat national sur le coût d'un accident nucléaire en France, la probabilité d'un accident nucléaire dans l'étude externe dite, qui sert de base, est de cinq accidents pour 100 000 par réacteur et par an ce qui représente pour la France sur une période de 20 ans 6 % de risque, ce qui est colossal ! La France est partie sur un risque 10 fois moindre. Mais, tous ces scénarios probabilistes reposaient sur un risque d'accident avec fusion du cœur de 0,014 alors que la réalité constatée a été de quatre soit 280 fois plus que prévu. En conséquence, le risque est en réalité beaucoup plus important.
 
Il l'est particulièrement pour Fessenheim, centrale dotée d'une seule enceinte de confinement, construite sur la plus grande nappe phréatique d'Europe, 9 m en dessous du grand canal d'Alsace et surtout dans une zone sismique reconnue puisque le tremblement de terre de Bâle de 1356 avait lors de la décision de construction été évalué à 6,2 sur l'échelle de Richter, auquel avait été ajouté un coefficient de sécurité de 0,5. Aujourd'hui, la réévaluation détermine plutôt un tremblement de terre compris entre 6,9 et 7,2. EDF comme l'ASN et de manière incompréhensible le ministère de l'écologie conduit par Madame Batho, Monsieur Fillon et Madame Kosciusko-Morizet pour le post Fukushima, Jean-Louis Borloo enfin, ont refusé de l'entendre et de prendre en considération les études très convaincantes faites par des les organes d'expertise suisses indépendants mettant en lumière la sous-évaluation manifeste du risque sismique.
 
Aujourd'hui, une carte harmonisée de l'aléa sismique à l'échelle de l'Europe vient d'être dressée par une cinquantaine de scientifiques (voir Le Monde du 17 août 2013). L'étude aboutit à envisager que des secousses beaucoup plus fortes que les séismes historiques de référence puissent se produire selon Monsieur Cotton, professeur de sismologie à Grenoble. D'ores et déjà les scientifiques ont revu à la hausse les maximes et magnitude maximale envisagée de 0,5 à 1 supplémentaire sur l'échelle de Richter. Un programme complémentaire de recherche va démarrer en octobre pour trois ans pour mieux protéger les infrastructures critiques contre les aléas naturels. Quoiqu'il en soit, chacun sait désormais qu'en laissant Fessenheim fonctionner, il prend un risque considérable qui, s'il se transformait en réalité, changerait totalement la trajectoire de la France.
 
Du jour au lendemain, les Français réclameraient la fermeture des centrales nucléaires ce qui serait bien entendu impossible et se limiterait aux plus anciennes et plus dangereuses réduisant de toute façon considérablement la production électrique nationale. Par ailleurs, au-delà de la catastrophe sanitaire et humaine qui se produirait, et s'il s'agissait de Fessenheim et bien au-delà des frontières de la France en Suisse et en Allemagne, entraînant un ressentiment majeur contre notre pays et bien évidemment des demandes indemnitaires considérables, c'est une catastrophe économique industrielle et financière majeure qui se produirait. Les évaluations du coût d'une catastrophe nucléaire évoluent aujourd'hui entre 600 et 6000 milliards d'euros. Dans tous les cas de figure, il s'agit d'une somme colossale dont personne n'imagine comment elle pourrait être réunie. Elle se traduirait pour toutes les activités économiques de notre pays, en commençant bien entendu par l'agriculture, la viticulture et le tourisme, en continuant avec la production de biens et services en général, personne dans le monde n'ayant envie d'acheter des produits risquant d'être contaminés. 
 
Dès lors, imaginer la France de 2025, c'est avant tout faire en sorte qu'une telle catastrophe ne se produise pas. Cela signifie non seulement fermer Fessenheim sans délai mais également mettre en route les procédures de fermeture des centrales les plus dangereuses, qui sont parfaitement identifiées par l'IRSN et créer les possibilités de sortir à terme du nucléaire. C'est décider de s'inspirer du modèle allemand pour faire redémarrer une activité industrielle autour de la troisième révolution industrielle qui mêle numérique et nouvelles énergies, industrie et services de l'efficacité énergétique, domotique, robotique et transition industrielle vers une sobriété des matériaux et de l'énergie utilisée en particulier autour de l'économie circulaire.
 
Effectivement, Fessenheim pourrait bien dans un sens ou dans l'autre redessiner la France de 2025.

lundi 12 août 2013

Le plus gros rejet radioactif en mer de l’Histoire

 

 Fukushima = 4 catastrophes nucléaires majeures,
il est temps de le reconnaître !

Je signe la pétition
Depuis le 11 mars 2011, ce n’est pas une seule catastrophe nucléaire majeure qui a lieu à Fukushima mais quatre !

En mars 2011, les cœurs de trois réacteurs sont entrés en fusion et plusieurs explosions ont endommagé les bâtiments réacteurs de la centrale de Fukushima Daiichi.
La quatrième catastrophe vient d’être révélée, après plus de 2 ans de mensonges : en avril 2011, l’eau contaminée du réacteur n°2 s’est répandue dans l’océan causant la plus forte pollution radioactive en mer de l’Histoire. Et depuis... les réacteurs éventrés continuent de déverser d’énormes quantités de radioactivité dans l’environnement et l’océan.
Catastrophe nucléaire de Fukushima
  • CATASTROPHE n°1 : fusion du cœur du réacteur N°1
  • CATASTROPHE n°2 : fusion du cœur du réacteur N°3
  • CATASTROPHE n°3 : fusion du cœur du réacteur N°2
  • CATASTROPHE n°4 : plus gros rejet radioactif en mer de l’Histoire
Pourtant, les autorités n’ont décrété qu’une seule catastrophe de niveau 7. Arrêtons le mensonge ! Il est temps que ces 4 catastrophes nucléaires majeures soient admises en tant que telles.
En solidarité avec le peuple japonais et pour que les multiples catastrophes de Fukushima soient enfin reconnues, mettons la pression sur les autorités internationales pour que toute la lumière soit faite sur la réalité à Fukushima.
J’exige de l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique (AIEA) qu’elle classe les 4 catastrophes de Fukushima en tant qu’accidents majeurs, soit au niveau 7, le niveau maximal de l’échelle internationale INES [1] de classement des accidents nucléaires.

vendredi 26 juillet 2013

Nucléaire : c'est là qu'ça se corse !

Tchernobyl : au paradis du nucléaire français, Marisol Touraine et le gouvernement restent sur leur nuage radioactif

Paul Giacobbi, président du conseil exécutif de Corse et député de la Haute-Corse, a évoqué mardi devant l'Assemblée nationale, lors des questions au Gouvernement l'enquête épidémiologique effectuée à l'initiative de la CTC après le passage du nuage de Tchernobyl en Corse. Son espoir d'avoir été entendu a vite été tempéré par Marisol Touraine, ministre de la Santé !

Michèle Rivasi, députée européenne.

25 juil 2013

En séance à l’Assemblée nationale mardi, la ministre de la Santé Marisol Touraine a jugé non concluante une récente étude italienne qui fait état d’une forte augmentation des maladies de la thyroïde, dont des cancers, en Corse après le passage du nuage radioactif de Tchernobyl en 1986. Le lendemain, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) lui emboîtait le pas, jugeant que les données de base utilisées et les méthodes d’analyses paraissent approximatives et mal décrites.
Le déni continue donc 27 ans après la catastrophe de Tchernobyl, une position jugée irresponsable par l’eurodéputée Michèle RIVASI, fondatrice de la Criirad (Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité), qui soutient depuis le début cette étude effectuée sur la base de 14.000 dossiers médicaux archivés et plus particulièrement sur 5.500 dossiers « complets » concernant des patients ayant consulté avant et après l’accident de la centrale nucléaire ukrainienne du 26 avril 1986.

« Ce qui m’étonne le plus, c’est la rapidité et l’aplomb avec lesquels l’IRSN rejette une telle étude, confiée pourtant à une équipe scientifique aussi crédible que compétente, suite à un appel d’offres européen. Les données utilisées sont suffisantes et crédibles. Le vrai problème est que l’IRSN a toujours refusé de reconnaître la dangerosité des faibles doses d’exposition à la radioactivité, s’entêtant – comme il vient de le répéter – à ne juger cette étude qu’en l’état actuel des connaissances sur les effets des expositions aux rayonnements ionisants.Reconnaître les dangers des faibles doses ce serait remettre en cause l’ensemble des normes de radioprotection et donc condamner définitivement le nucléaire pour raisons sanitaires ». 

« Actuellement au Parlement européen, nous débattons de la future directive européenne sur la radioprotection, une occasion inédite de remettre en cause les normes actuelles pour les améliorer, ce à quoi je m’emploie. Je vous le dis franchement, d’un point de vue cynique nous conservons de telles normes pour éviter de payer trop cher en indemnisations en cas d’accident nucléaire. C’est le seul moyen d’éviter un krach économique complet suite à une catastrophe nucléaire majeure. Bref, une telle attitude démontre que l’on s’attend donc à avoir un accident, ce qui est inacceptable pour tout un chacun »
 .
« Cette analyse de l’IRSN contredit pourtant des études officielles de l’Institut national de veille sanitaire (INVS), qui ont démontré que l’incidence des cancers de la thyroïde en Corse est parmi les plus élevée de France…puisque la Corse a été la région la plus affectée par les retombées radioactives. CQFD ».

« Le syndrome de Tchernobyl semble toucher les gouvernements successifs, empêtrés dans une dépendance au nucléaire qu’ils n’ont su résoudre. Avec cette étude, la gauche avait enfin l’opportunité de reconnaître un des plus graves mensonges de la Vème République, je suis extrêmement déçue ».

« Depuis des années les victimes de Tchernobyl attendent une reconnaissance officielle des maladies qui les affectent. Je ne peux que m’indigner d’une telle irresponsabilité pour protéger les intérêts de l’industrie nucléaire: au final, le mensonge initial oblige à sa répétition pour ne pas mettre à mal la crédibilité de l’Etat en matière de responsabilité nucléaire. Le seul moyen de sortir d’un tel cercle vicieux est de sortir du nucléaire ».

vendredi 12 juillet 2013

Fin de la Finlande..?

  POUR L'ÉTERNITÉ...

 

Des milliers de tonnes de déchets radioactifs vont être enterrées dans une cavité, qui devra rester inviolée pendant 100 000 ans. Un défi insensé et risqué.



A l’ouest de la Finlande, sur la presqu’île d’Olkiluoto, des ouvriers s’affairent à creuser un immense trou de 450 mètres de profondeur, parcouru par cinq kilomètres de route.
Lorsqu’il sera terminé, en 2020, l’industrie nucléaire finlandaise commencera alors à y enterrer des milliers de tonnes de déchets radioactifs. Et quand cette besogne sera à son tour achevée, 100 ans plus tard, la cavité sera scellée et devra rester inviolée pendant 100 000 ans.
Un défi insensé, plein de risques, qui dépasse techniquement et philosophiquement tout ce que l’homme a pu entreprendre jusque-là.
La route est longue, étroite, et sa platitude n’a d’égale que sa monotonie. Elle serpente dans la région du Satakunta, à travers des bordées de bouleaux et de sapins, et débouche tout droit sur le Golfe de Botnie, cette étendue d’eau qui sépare la Finlande de la Suède.
Avant de bifurquer sur la gauche, pour rejoindre la route nationale 8, puis encore sur la droite, quelques kilomètres plus loin, en direction de la presqu’île d’Olkiluoto, on traverse la bourgade d’Eurajoki.

« Onkalo », « la cave » en finnois

Eurajoki est une coquille sans charme particulier, Eurajoki transpire l’ennui, mais Eurajoki est une commune prospère. Comme tous ceux pour qui ce nom évoque quelque chose, je n’aurais jamais entendu parler de ce petit bled grisâtre du sud-ouest de la Finlande s’il n’était pas la municipalité qui chapeaute le complexe nucléaire d’Olkiluoto.
Avec ses deux réacteurs en fonction depuis la fin des années 70, et l’interminable construction de son EPR – le fameux réacteur pressurisé européen d’Areva –, cette presqu’île constitue l’un des centres névralgiques de la politique énergétique de la Finlande.
Mais ce qui en fait un endroit à part sur le globe, c’est son tombeau nucléaire, construit par l’entreprise Posiva. L’endroit a été baptisé « Onkalo », « la cave » en finnois. Des bataillons d’ouvriers étrangers, venus de toute l’Europe, y ont creusé un immense trou à même la roche.
Selon le plan établi, à partir de 2020, l’industrie nucléaire finlandaise y stockera tous les déchets produits par ses centrales depuis 1996. L’opération de stockage est prévue pour durer 100 ans. Un siècle durant lequel, chaque semaine, un funeste cortège de camions chargés de détritus à la toxicité inégalable empruntera les cinq kilomètres de route souterraine qui mènent au fond de la cave.

Ouverture interdite pendant 100 000 ans

Ces milliers de tonnes de déchets seront alors réparties dans des trous creusés à l’intérieur d’une interminable galerie de tunnels. Puis méticuleusement, les unes après les autres, ces cavités seront rebouchées.
Enfin, quand cent ans plus tard, en 2120, les 4 500 orifices imaginés seront repus du matériel mortifère, alors on refermera cet édifice titanesque et on devra prétendre qu’il n’a jamais existé.
C’est là que se profile le paradoxe qui fait toute la folie d’Onkalo. Une fois la grotte obstruée, il s’agira de s’assurer que personne n’ait l’idée saugrenue d’éventrer la roche de nouveau.
Après tout, si nos prédécesseurs se sont entêtés à ouvrir le tombeau égyptien de Toutânkhamon – un sanctuaire qui aurait dû rester inviolé pour l’éternité –, quel message pourrait bien être assez fort pour dissuader les générations futures d’explorer à leur tour ce qui sera devenu un vestige du passé, d’une autre civilisation peut-être ?

Une aberration qui sied à notre espèce

Les résidus radioactifs d’uranium et de plutonium dont il est question devront demeurer sous terre pendant 100 000 ans. Pas 100 ans. Pas 1 000 ans. Ici, les esprits narquois pourraient alors avancer qu’à 2 000 ans près, on est tout à fait en mal de certifier si un type répondant au nom de Jésus Christ a réellement existé, quand bien même quatre autres personnages tout aussi obscurs auraient chacun signé un ouvrage pour perpétuer sa parole et ses actes.
Onkalo est donc l’histoire d’un trou creusé par notre espèce, une cavité conçue à la seule fin de recevoir les restes d’un procédé technologique pas complètement maîtrisé.
Une fable universelle de l’homme censé inventer un message pour expliquer à son prochain qu’il ne faut pas ouvrir un cercueil dont il lui confie la charge, sans avoir l’assurance que ce prochain soit en mesure de décrypter ledit message.
En d’autres mots, une aberration qui a pourtant du sens, une mécanique qui sied parfaitement à notre espèce. « Agissons d’abord, on réfléchira plus tard », n’est jamais qu’une maxime qui nous ressemble bien.

http://fr.news.yahoo.com/onkalo-voyage-tombeau-nucl%C3%A9aire-finlandais-075929471.html


Loïc H. Rechi | Journaliste et Vincent Desailly | Photographe - Editeur sur RUE 89